Bukavu est en état de choc. Le dimanche 25 janvier 2026, la commune de Kadutu a été frappée par un incendie d’une violence inouïe. En quelques minutes, plus de cent habitations ont été réduites en cendres, transformant des quartiers entiers en un paysage de ruines fumantes et laissant derrière elles des centaines de sinistrés exposés aux dangers sanitaires.
Le feu s’est déclaré peu après midi dans les secteurs densément peuplés d’Elila A, Elila B et Funu I, le long des avenues Nakiche et Kakoba. Propagé par la promiscuité des maisons et l’usage de matériaux inflammables, le brasier s’est étendu à une vitesse vertigineuse, prenant de court les habitants. « Nous n’avons rien pu sauver, le feu avançait trop vite. C’était l’horreur », confie M. Amani Ciganjira, témoin encore sous le choc.
Si aucun décès n’a été signalé un soulagement dans ce chaos, la catastrophe révèle désormais un autre danger : la crise sanitaire. Des centaines de personnes dorment à la belle étoile, sans abri, sans eau potable ni nourriture. Les décombres et cendres mélangés aux déchets ménagers créent un terrain favorable aux maladies, faisant craindre une flambée épidémique. « Les enfants sont les plus vulnérables. Sans intervention rapide, nous risquons des maladies graves », alerte une infirmière de la commune.
Les pertes matérielles sont totales : meubles, vêtements, réserves alimentaires et même le bétail domestique ont été consumés. Les familles sinistrées errent entre les ruines, cherchant un abri ou une aide urgente. Le chef de l’avenue Elila A témoigne : « Rien n’a pu être sauvé. Les sinistrés sont désormais complètement démunis. La situation est critique. »
À ce désastre s’ajoute la menace de pillages. Certains jeunes auraient profité de la confusion pour s’emparer des biens des familles touchées, aggravant leur souffrance. « Nous devons rester solidaires et protéger ceux qui ont tout perdu », exhorte un habitant du quartier.
Face à cette situation, les autorités locales appellent à une mobilisation rapide. Elles sollicitent l’aide des ONG, des institutions publiques et de toutes les bonnes volontés pour fournir abris temporaires, vivres, kits d’hygiène et soins médicaux. « La priorité est de prévenir une crise sanitaire. Chaque minute compte », insiste un responsable communal.
Alors que l’évaluation complète des dégâts est encore en cours, Kadutu retient son souffle. Entre ruines et cendres, la commune vit un véritable purgatoire, où la solidarité pourrait faire la différence entre survie et catastrophe sanitaire.


