À Ziralo, dans le territoire de Kalehe, ce ne sont plus seulement des coups de feu qui marquent le quotidien, mais surtout la détresse profonde d’une population contrainte de fuir pour survivre.
Depuis plusieurs jours, des milliers de civils vivent un drame silencieux, loin des regards, emportant avec eux uniquement ce qu’ils peuvent porter.
Femmes enceintes, nourrissons, personnes âgées et malades avancent péniblement sur des chemins détrempés, cherchant refuge loin des zones de tension. Beaucoup marchent sans destination claire, espérant simplement trouver un endroit où passer la nuit en sécurité. La pluie, le froid et la faim rendent leur périple encore plus éprouvant.
« Nous dormons dehors depuis deux nuits. Les enfants pleurent de faim, et nous n’avons rien à leur donner », confie Amina, une mère de quatre enfants, assise sous un arbre avec quelques effets récupérés à la hâte.
Le déplacement massif de cette population estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes se transforme en véritable épreuve physique et psychologique. Pour continuer leur route, certains doivent traverser des rivières gonflées par les pluies, au péril de leur vie, sans aucune assistance.
« L’eau arrivait jusqu’à ma poitrine. Je tenais mon enfant au-dessus de ma tête pour qu’il ne se noie pas. Je tremblais de peur », raconte Jonas, encore sous le choc après avoir franchi un cours d’eau.
Les plus fragiles sont les premiers à succomber à cette situation extrême. Des femmes donnent naissance en pleine fuite, sans soins ni accompagnement. Des enfants tombent malades, épuisés par la marche et le manque de nourriture. Les personnes vivant avec un handicap peinent à suivre le rythme, souvent abandonnées ou portées par leurs proches déjà à bout de forces.
« Ma mère ne peut plus marcher. Nous avons dû nous arrêter plusieurs fois. Parfois, je pense que nous n’y arriverons pas », murmure Espoir, un jeune garçon soutenant une vieille femme affaiblie.
Dans les zones d’accueil improvisées comme Lulambo ou Biriko, les conditions restent tout aussi précaires. Les abris manquent, l’eau potable est rare, et les vivres insuffisants. La survie dépend désormais de la solidarité entre déplacés et de l’aide encore trop limitée.
Ce drame humanitaire, qui se déroule dans une indifférence inquiétante, appelle une réponse urgente. Derrière chaque chiffre se cache une vie brisée, une famille dispersée, un avenir incertain.
« Nous ne voulons pas mourir ainsi, oubliés de tous. Nous avons besoin d’aide, maintenant », lance une déplacée, le regard perdu.
À Ziralo, la souffrance humaine atteint un seuil critique. Sans intervention rapide et coordonnée, la situation risque de s’aggraver davantage, laissant des milliers de personnes livrées à elles-mêmes dans une crise qui ne cesse de s’intensifier.


