La nuit du lundi 05 janvier 2026 restera gravée dans la mémoire collective du sous-village de Buzunga, dans la localité de Kasheke, territoire de Kalehe. Une nuit de fracas et de terreur, où des femmes ont été arrachées à leurs foyers, où des familles ont cru perdre à jamais les leurs, et où la peur s’est invitée durablement dans les cœurs.
Selon plusieurs témoignages concordants, des hommes armés, vêtus de tenues militaires, ont fait irruption dans plusieurs habitations, profitant de l’obscurité et du silence. Les portes ont été forcées, les familles réveillées en sursaut, les cris étouffés par la panique. Le bilan est lourd : deux hommes grièvement blessés, quatre femmes enlevées puis relâchées après de longues heures d’angoisse, et d’importants biens de valeur emportés.
Mais au-delà des chiffres, ce sont les femmes qui portent aujourd’hui le poids le plus cruel de cette incursion. Enlevées sous les yeux impuissants de leurs proches, elles ont été contraintes de quitter leurs maisons, leurs enfants, leur dignité, sans savoir si elles reverraient le jour se lever. Leur libération, si elle a soulagé les familles, n’a pas effacé le traumatisme. Car on ne revient jamais indemne d’une telle nuit.
Un habitant de Buzunga, ayant requis l’anonymat, raconte une scène encore tremblante d’émotion : « Ils sont arrivés comme des ombres. Ils parlaient fort, ordonnaient, menaçaient. Quand ils ont emmené les femmes, on s’est senti mourir debout. On croyait que tout était fini pour elles ». Ses mots traduisent l’impuissance d’un village entier, paralysé par la peur.
Les femmes relâchées, aujourd’hui de retour chez elles, portent des blessures invisibles. Le choc, l’humiliation, la peur persistante. Leurs regards parlent pour elles. Dans les maisons de Buzunga, les enfants s’agrippent à leurs mères, craignant une nouvelle nuit semblable. La communauté, elle, s’interroge : jusqu’à quand ces violences ? Jusqu’à quand les femmes resteront-elles des cibles faciles ?
Cette incursion armée met une fois de plus en lumière la vulnérabilité des populations rurales et l’insécurité persistante dans certaines zones du territoire de Kalehe. Elle rappelle surtout une vérité douloureuse : tant que les femmes pourront être enlevées au cœur de la nuit sans protection suffisante, aucune paix ne sera réelle. À Buzunga, le jour s’est levé, mais l’ombre de cette nuit continue de planer sur les femmes et sur tout un village.


