La nuit du mardi 27 janvier 2026 restera longtemps gravée comme une balafre dans la mémoire collective de Kamituga.
Dans le quartier Sawasawa, alors que la ville s’enfonçait dans le silence nocturne, une fillette de seulement trois ans a vu son innocence brisée par un acte d’une violence inqualifiable. Aujourd’hui, au-delà de l’émotion et de la colère, c’est l’état de santé de cette enfant qui concentre toutes les inquiétudes, tant les conséquences physiques et psychologiques d’un tel traumatisme sont lourdes à porter pour un corps si fragile.
Admise en urgence à l’Hôpital Général de Référence de Kamituga, la petite victime a été immédiatement prise en charge par le personnel médical. Les soignants parlent d’heures cruciales, où chaque geste compte pour limiter les dégâts, prévenir les infections et soulager des douleurs que les mots peinent à décrire. À cet âge, le corps n’est pas préparé à subir une telle agression, et les médecins redoutent des séquelles durables, tant sur le plan physique que sur le développement psychologique de l’enfant.
Dans les couloirs de l’hôpital, l’atmosphère est lourde. Des proches, effondrés, attendent dans l’angoisse des nouvelles rassurantes, tandis que le personnel médical se bat pour préserver ce qui peut encore l’être. Les spécialistes insistent déjà sur la nécessité d’un suivi médical et psychologique de longue durée, rappelant que la guérison ne se mesure pas seulement en points de suture ou en examens cliniques, mais aussi dans la reconstruction intérieure d’une vie à peine commencée.
Face à ce drame, les défenseurs des droits humains du territoire de Mwenga, notamment l’Association des Femmes Journalistes Engagées pour la Paix (AFJEP), ont condamné avec fermeté cet acte ignoble. Ils saluent la rapidité des services de sécurité, qui ont interpellé le présumé auteur, un agent de l’État affecté au service des Mines, empêchant ainsi toute tentative de fuite. Mais au-delà de l’arrestation, ces organisations rappellent que la priorité absolue reste la santé et la protection de la victime.
À Kamituga, comme dans l’ensemble du territoire de Mwenga, les cas de violences sexuelles se multiplient, laissant derrière eux des corps meurtris et des enfances volées. Les associations féministes et de protection de l’enfance ne cessent d’alerter : tant que l’impunité persistera, d’autres victimes continueront de remplir les lits d’hôpitaux. Aujourd’hui, le combat se joue aussi autour de ce petit corps blessé, symbole douloureux de l’urgence à protéger les plus vulnérables et à garantir des soins dignes, complets et durables aux survivantes de l’indicible.


