Les nouvelles autorités judiciaires de Kisangani se sont rapidement mises au travail pour examiner la situation des personnes incarcérées à la prison centrale de Kisangani.
Cette démarche a permis d’identifier plusieurs cas nécessitant une attention particulière, notamment celui des détenus ayant déjà purgé leur peine, mais qui se trouvaient encore en détention, ainsi que des personnes détenues pour des faits jugés bénins.
Nommée par l’ordonnance présidentielle n°26/122 du 28 juillet 2026, Mme Tina Wambila Makila, procureure de la République près le Tribunal de grande instance de Kisangani,! a conduit le processus ayant abouti à la libération de 33 détenus, dont 4 femmes, après le renouvellement de son serment le 08 septembre 2026.
La cérémonie de remise des fiches de libération s’est déroulée devant la prison centrale de Kisangani, en présence du procureur général près la Cour d’appel de la Tshopo, Raymond Kalonda Djongambolo, du ministre provincial de la Justice, des Droits humains et de la Coopération interprovinciale de la province,
Michel Bakay, et du directeur intérimaire de la prison centrale de Kisangani, Guylain Rashidi, ainsi que d’autres autorités politico-administratives et judiciaires.
L’analyse de la situation des détenus au cas par cas a notamment révélé que certains avaient déjà purgé leur peine, mais demeuraient encore dans la maison carcérale. D’autres, poursuivis pour des faits bénins, pouvaient également bénéficier d’une mesure de libération au regard de leur situation judiciaire.
Cette démarche traduit la volonté des nouvelles autorités judiciaires de se pencher rapidement sur les conditions de détention et de veiller à ce que le maintien en prison corresponde à la situation judiciaire de chaque personne.
Selon les chiffres communiqués par Mme Tina Wambila, procureure de la République, la prison centrale de Kisangani, initialement conçue pour accueillir 500 détenus, héberge actuellement plus de 1 400 personnes.
L’établissement accueille ainsi plus de 900 détenus au-delà de sa capacité initiale, illustrant l’ampleur de la surpopulation carcérale.

Dans ce contexte, la remise en liberté des personnes dont la situation juridique le permet constitue une mesure visant à désengorger la prison et à réduire la pression sur les infrastructures pénitentiaires. Elle doit également contribuer à améliorer les conditions de détention de ceux qui y restent incarcérés.
La libération de ces 33 personnes ne suffit certes pas, à elle seule, à résorber le déficit de capacité de l’établissement. Elle constitue néanmoins une première mesure concrète dans le processus de désengorgement de la maison carcérale.
Prenant la parole lors de la cérémonie, Mme Tina Wambila a invité les bénéficiaires à rejoindre leurs familles et à ne pas récidiver.
«Rejoignez vos différentes familles et ne reprenez pas ces actes pour revenir en prison. Bonne libération à tous. Le processus va se poursuivre et, avec le concours du gouvernement provincial, nous allons revoir d’autres dossiers », a-t-elle déclaré.
Le processus devrait ainsi se poursuivre avec l’examen de la situation d’autres détenus, afin d’identifier ceux dont les conditions permettent légalement une remise en liberté.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de désengorgement des établissements pénitentiaires et de réinsertion sociale portée par les autorités nationales, sous l’impulsion du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Le processus devrait se poursuivre avec l’examen d’autres dossiers, en collaboration avec les autorités provinciales.
Augustin Tsheza


