Une situation socio-économique préoccupante s’observe depuis plusieurs jours dans les petits marchés de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
À peine les festivités du Nouvel An 2026 terminées, les ménages font face à une hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité, notamment le riz blanc et le fufu.
Dans les marchés, rizeries et restaurants populaires communément appelés Malewa, le constat est amer. Le gobelet de riz blanc de première qualité, qui se négociait auparavant à 1100 FC, se vend aujourd’hui entre 1 400 FC et 1 800 FC. De son côté, le gobelet de fufu est passé de 300 FC à 500 FC.
Dans les Malewa, les portions ont considérablement diminué. Pour espérer manger à sa faim, un client doit désormais débourser au moins 5 000 FC, une somme inaccessible pour plusieurs familles à faibles revenus.
Contactés par notre rédaction, les propriétaires des rizeries attribuent cette flambée des prix à la pénurie persistante d’électricité, qui empêche le fonctionnement normal des machines. Face à cette contrainte, les vendeuses, elles aussi, ont revu les prix à la hausse afin d’éviter les pertes.
« Il devient très difficile de nourrir nos familles comme avant. Nous sommes passés de cinq gobelets à trois seulement par repas. Nous craignons sérieusement la malnutrition de nos enfants. Nous demandons aux autorités provinciales de rétablir urgemment le courant électrique afin que les rizeries fonctionnent normalement et que les prix baissent. Aujourd’hui, un sac de riz coûte entre 290 000 et 300 000 FC, alors qu’il se vendait à 260 000 FC avant », témoigne Maman Léa Elanga, ménagère et débrouillarde.
Elle ajoute que plusieurs rizeries disposent d’importants stocks de riz non usiné, bloqués faute d’électricité. Le recours aux groupes électrogènes s’avère non rentable en raison du coût élevé du carburant.
Par ailleurs, plusieurs habitants de la Tshopo rappellent qu’une hausse saisonnière des produits agricoles est régulièrement observée chaque mois de janvier, tant en ville que dans les territoires environnants. Toutefois, la situation actuelle semble plus grave que les années précédentes.
Face à cette crise alimentaire naissante, les regards sont désormais tournés vers les autorités provinciales, appelées à agir rapidement pour éviter une détérioration du pouvoir d’achat et une aggravation de l’insécurité alimentaire.
Affaire à suivre.
Augustin Tsheza


