Un hippopotame a été pris au piège dans la rivière Ruzizi, à Kamanyola, dans le territoire de Walungu. Au lieu d’être relâché ou traité conformément aux règles de conservation, l’animal a été découpé et sa viande distribuée entre plusieurs ménages.
Cette pratique suscite une vive inquiétude chez les acteurs de l’environnement. Selon Alain Birindwa, écologiste et intellectuel local, la disparition de tels pachydermes menace l’équilibre écologique et souligne le besoin urgent de sensibilisation et de protection. « C’est avec regret que nous avons appris le partage de la viande d’un hippopotame à Kamanyola. Les radios, les églises, les autorités et les organisations doivent agir pour prévenir le conflit homme-faune », insiste-t-il.
Le spécialiste rappelle que depuis plus d’un an, les populations d’hippopotames à Kamanyola et Katogota subissent de fortes pressions, marquées par des captures illégales et des traumatismes répétés. La législation nationale ne garantit malheureusement aucune sécurité réelle à ces espèces, laissant les pachydermes vulnérables face aux hommes.
Selon des sources locales, l’animal piégé devait initialement être enterré ou brûlé pour éviter toute consommation. Cependant, face à la famine et à la précarité, la viande a finalement été partagée, illustrant les tensions entre survie humaine et préservation de la faune.
Des journalistes spécialisés et des leaders communautaires appellent à un renforcement des campagnes de sensibilisation afin de protéger les espèces menacées et d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent. Ils soulignent que la protection de l’environnement est indissociable de la sécurité alimentaire et de la gestion durable des ressources naturelles.
La situation de Kamanyola illustre le dilemme auquel sont confrontées de nombreuses communautés : comment concilier besoins humains immédiats et respect de la biodiversité. Les experts insistent sur l’urgence d’une approche intégrée, combinant éducation, politiques de conservation et soutien aux populations vulnérables.


