Intervenant à la 13ᵉ session de la Conférence des Gouverneurs de province, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur préoccupante de la malnutrition en République Démocratique du Congo, la qualifiant de « fléau majeur de santé publique et de développement ».
Selon le Ministre, près de 48 % des enfants souffrent de malnutrition chronique, un taux particulièrement alarmant qui place le pays parmi les plus touchés au monde. À cela s’ajoute 8 % de malnutrition aiguë, nécessitant des interventions d’urgence, ainsi qu’une prévalence élevée de carences en micronutriments, souvent invisibles mais aux conséquences graves, notamment chez les enfants et les femmes enceintes.
Le Ministre a également souligné qu’environ 20 % des femmes enceintes sont confrontées à une situation de faim, compromettant gravement la santé maternelle et infantile.
Analysant les causes profondes de cette situation, le Ministre a mis en avant un ensemble de facteurs interdépendants : l’insécurité alimentaire, la pauvreté, les conflits armés, les déplacements de populations, les mauvaises pratiques alimentaires, ainsi que le faible accès aux soins de santé. Il a insisté sur le cercle vicieux entre malnutrition et maladies, notamment diarrhéiques et respiratoires, qui aggravent l’état nutritionnel des populations.
Le Dr. Roger Kamba a particulièrement attiré l’attention sur les 1 000 premiers jours de la vie, période critique allant de la conception jusqu’aux deux premières années de l’enfant. Une malnutrition à ce stade entraîne des dommages irréversibles au développement cérébral, pouvant réduire les capacités cognitives jusqu’à 30 %, avec des répercussions durables sur l’éducation, la productivité et le développement du pays.
Au-delà des impacts sanitaires et humains, le Ministre a rappelé que la malnutrition représente un coût économique majeur pour la nation. Selon les études disponibles, la RDC perdrait près de 4,56 % de son PIB, soit environ 1,77 milliard de dollars américains, en raison de ce fléau.
Face à cette situation, le Ministre a insisté sur la nécessité d’une approche globale et coordonnée, fondée sur le concept de “One Health” (Une Seule Santé), qui intègre les dimensions humaine, animale, agricole et environnementale.
Dans ce cadre, il a salué l’implication des partenaires techniques et financiers, notamment l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et les autres institutions spécialisées, dans la mise en œuvre de stratégies intégrées de lutte contre la malnutrition.
Enfin, le Ministre a lancé un appel fort aux gouverneurs de province pour renforcer les actions au niveau local, en adaptant les réponses aux réalités spécifiques de chaque province.


