La ville de Bukavu s’est réveillée ce mardi 7 avril 2026 sous le choc d’une augmentation unilatérale des tarifs du transport en commun, observée sur plusieurs axes stratégiques, sans une communication officielle.
Sur le tronçon Cap Nguba–centre-ville, le prix de la course en taxi est passé de 1 000 à 1 500 francs congolais, soit une hausse de 50 % en l’espace d’une nuit. Cette hausse est constatée sur tous les axes routiers de la ville. Plusieurs habitants interrogés dans la matinée confirment avoir payé ce nouveau tarif pour se rendre à leurs occupations quotidiennes. Des journalistes présents sur différents points de la ville corroborent également cette augmentation généralisée.
Du côté des conducteurs de taxi, cette hausse est justifiée par la flambée du prix du carburant. Selon leurs témoignages, le litre d’essence à la pompe, autrefois vendu à 3 500 francs congolais, se négocie désormais entre 4 000 et 5 000 francs. Chez les revendeurs informels, communément appelés « Kadhafi », les prix atteindraient même 6 000 francs, voire davantage selon les quartiers.
Malgré l’ampleur de la situation, aucune communication officielle n’a, jusqu’à présent, été publiée par les autorités congolaises pour expliquer ou encadrer cette évolution des prix. Cette absence de réaction alimente l’inquiétude et l’incompréhension au sein de la population.
Un propriétaire de véhicule, ayant requis l’anonymat, indique que les premiers signes de cette hausse du carburant ont été observés dès la veille, lundi 6 avril. Selon lui, cette tendance serait liée à des tensions internationales, notamment après des informations relayées par des médias occidentaux faisant état du bombardement d’un important site gazier en Iran, dans un contexte de conflit impliquant une coalition israélo-américaine.
Pour un analyste congolais, également resté anonyme, cette situation illustre la forte dépendance de l’économie de la République démocratique du Congo aux importations de produits pétroliers. « Toute perturbation sur le marché se répercute rapidement sur les prix locaux », souligne-t-il, évoquant les effets directs des crises géopolitiques sur le quotidien des populations urbaines.
En attendant une éventuelle réaction des autorités, les habitants de Bukavu se retrouvent contraints de s’adapter à cette nouvelle réalité, qui risque d’alourdir davantage le coût de la vie dans une ville déjà confrontée à de multiples défis socio-économiques.


