Le Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire (CHU) est désormais sous la responsabilité de l’Etat congolais après la résiliation du contrat qui le liait avec un partenaire privé. La cérémonie de la reprise officielle a eu lieu lundi 22 décembre 2025.
Selon le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, la relance marque une étape majeure dans le renforcement du système de santé public en République Démocratique du Congo.
La relance du CHU du Cinquantenaire repose également sur la valorisation de la ressource humaine. « Le Gouvernement met en avant l’expertise des fils et filles du pays, appuyée par des spécialistes de la diaspora et des experts internationaux, afin de renforcer durablement les capacités locales et promouvoir la souveraineté sanitaire nationale ».
Intégré dans le réseau national de soins et de référence médicale, le CHU du Cinquantenaire accueillera prochainement des services structurants, notamment des espaces dédiés à la cancérologie, des services de gratuité des accouchements et des soins néonataux dans le cadre de la Couverture Santé Universelle, ainsi qu’une coopération renforcée avec le Service National des Urgences – Étoile Bleue.
Conçu à l’origine comme un hôpital de référence nationale, le CHU du Cinquantenaire avait pour vocation de répondre aux besoins sanitaires de la population, de réduire les évacuations médicales coûteuses à l’étranger, d’alléger la charge financière des familles et de contribuer à la formation des professionnels de santé congolais. « Toutefois, malgré cette ambition, l’établissement n’a pas rempli la mission qui lui était assignée », peut-on lire dans un communiqué de presse du ministère, parvenu à congocroissance.com
Depuis 2013, la gestion confiée à un partenaire privé a été marquée par de graves manquements, notamment le non-respect des engagements financiers, l’absence de réalisation des infrastructures spécialisées prévues, une gestion comptable non conforme aux normes, ainsi que l’absence de rapports d’activités. « En dépit de sa capacité de près de 800 lits, l’hôpital fonctionnait de manière très limitée, au détriment de la population ».
Un comité de gestion placé à la tête du CHU du Cinquantenaire
Le Gouvernement congolais affirme avoir résilié le contrat qui le liait avec le partenaire privé, et y a placé un comité de gestion. « Face à cette situation, le Gouvernement de la République a pris ses responsabilités en résiliant le contrat liant l’État au partenaire privé. Cette décision, confirmée par le Conseil d’État après plus d’une année de procédure, a conduit à l’installation d’un comité de gestion provisoire le 2 décembre 2025, consacrant ainsi la reprise effective du CHU du Cinquantenaire par l’État congolais », précise le communiqué du ministère.
Ainsi dans le cadre de cette reprise en main publique, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale indique que des actions urgentes et structurantes ont été menées pour rendre l’hôpital pleinement fonctionnel.
À ce jour, « plusieurs services essentiels sont opérationnels, notamment le centre de traumatologie, un laboratoire moderne, les services de santé maternelle et néonatale équipés de 24 couveuses, le bloc opératoire du centre d’urgence ainsi que le système d’oxygène. La remise en service du scanner est également en cours ».
Parallèlement, d’importants travaux de réhabilitation ont été réalisés, incluant la rénovation des blocs sanitaires, la remise progressive du système de ventilation resté hors service pendant plus d’une décennie, ainsi que la rénovation de la façade principale et des infrastructures annexes. L’hôpital est désormais en mesure d’accueillir la population dans des conditions adéquates de sécurité, d’hygiène et de dignité.
« La relance du CHU du Cinquantenaire symbolise le retour effectif de l’État dans ses responsabilités régaliennes. Jadis perçu comme un symbole d’échec ou de privilège, l’hôpital redevient un véritable service public, accessible à tous, au service de la population congolaise et conformément à la vision du Chef de l’État », conclut le communiqué.


