En République démocratique du Congo, la question de la paix sociale entre les sociétés d’exploitation et les communautés locales demeure un enjeu majeur.
À Lokutu, dans la province de la Tshopo, l’ONG Amis de la Nature pour la Paix Sociale (ANPS), conduite par son PCA-Manager Me Alain Ponde, s’illustre par son engagement en faveur du respect des clauses sociales et du dialogue inclusif entre les entreprises et les populations riveraines.
Dans une déclaration rendue publique, les chefs de groupements et leaders communautaires de sept groupements de Lokutu — Mwingi, Mwando, Bolombo I, Bokala Wamba, Bongemba, Bolesa et Yanongo ont exprimé leur profond regret face à l’échec de la médiation internationale conduite par l’Independent Complaints Mechanism (ICM), à la suite d’une plainte déposée le 5 novembre 2018.
Cette plainte portait sur trois préoccupations majeures
La légitimité des titres fonciers des plantations et la privation présumée de l’usage des terres coutumières ;
Les abus physiques et violations des droits humains imputés aux gardes de sécurité de PHC et à la police ;
Le manque d’information et d’assistance juridique des communautés dans les négociations et la mise en œuvre des projets sociaux.
Selon les signataires, la médiation, initialement perçue comme un espace neutre et crédible, s’est révélée décevante. Ils dénoncent une démarche jugée partiale, ayant davantage protégé les intérêts de l’entreprise que ceux des communautés affectées, renforçant ainsi un sentiment de marginalisation et d’injustice.
Par cette déclaration, les leaders communautaires ont tenu à informer l’opinion publique nationale et internationale ainsi que les institutions de la République, notamment le Président de la République, la Première ministre, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, afin d’attirer leur attention sur la nécessité de résoudre durablement ces problèmes structurels.
Toutefois, au terme d’une mission d’observation menée sur les trois sites d’exploitation de la société Plantations et Huileries du Congo (PHC), l’ONG ANPS note une amélioration significative sous la gestion actuelle de Kuramo Capital Management.
PHC-Kuramo aurait rétabli la confiance avec les communautés locales à travers la mise en place de mécanismes concrets de dialogue, de gouvernance participative et de coordination locale, impliquant autorités provinciales, territoriales et représentants communautaires.
Dans cette dynamique, l’ONG ANPS a formulé plusieurs recommandations à PHC, notamment :
le renforcement d’une communication proactive et régulière avec les communautés ;
la collaboration accrue avec les ONG pour garantir crédibilité et légitimité dans l’exécution des clauses sociales ;
l’accélération des programmes de développement communautaire (appui agricole, microcrédits, coopératives locales) ;
le renforcement des cadres de gouvernance participative associant l’État, les communautés locales et la société civile.
« Nous remercions la société PHC pour son engagement à collaborer étroitement avec les communautés locales dans le partage de la prospérité », a conclu Me Alain Ponde, PCA-Manager de l’ONG ANPS, saluant également la contribution de tous les participants aux différentes réunions et échanges d’idées.
Cet engagement renouvelé apparaît comme une étape importante vers une paix sociale durable et un développement réellement inclusif au cœur des communautés locales de Lokutu.
Augustin Tsheza


