Depuis l’aube, Uvira et une partie du territoire de Fizi vivent au rythme des détonations et de la fuite. Les combats opposant les Wazalendo aux rebelles du M23 replongent le Sud-Kivu dans une spirale de violence qui broie les civils, coupe l’accès à l’aide et fait planer la menace d’une nouvelle catastrophe humanitaire.
Dès 8h20 ce lundi, des tirs intenses d’armes lourdes et légères ont retenti dans plusieurs quartiers d’Uvira, notamment Kalundu, Mulongwe et Kasenga. La ville, déjà éprouvée par des mois d’instabilité, s’est figée dans la peur. « On ne savait plus où aller, les coups partaient de partout », confie un habitant de Kalundu, la voix tremblante. Les rues se sont vidées en quelques minutes, tandis que des familles cherchaient désespérément un abri.
La tension s’est rapidement étendue au territoire voisin de Fizi, où des affrontements ont été signalés dans le centre de Makobola, précisément à Katuta. Selon des sources locales, les combats visent des positions stratégiques, faisant craindre une extension du conflit. « Ici à Katuta, les gens ont tout laissé derrière eux », témoigne un notable local. « Nous avons vu des vieillards et des enfants marcher vers les montagnes sans rien. »
Pris au piège, les civils ont trouvé refuge dans des églises, des écoles ou des sites improvisés, tandis que d’autres ont fui vers les hauteurs. « Nous dormons dans une salle de classe avec des dizaines de familles », raconte une mère déplacée à Uvira. « Il n’y a ni nourriture suffisante, ni eau potable, et les enfants tombent malades. » Cette fuite précipitée accentue la vulnérabilité de populations déjà fragiles.
Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme face à un accès de plus en plus limité aux zones touchées. « L’insécurité empêche l’acheminement de l’aide et aggrave les besoins », alerte un responsable humanitaire basé à Uvira. Le risque de déplacements massifs, de pénuries alimentaires et de crises sanitaires est désormais réel, dans une province où les capacités de réponse sont déjà saturées.
Sur le terrain, la colère et l’angoisse montent. « Nous avons l’impression d’être abandonnés », lâche un enseignant de Fizi, réfugié avec ses élèves dans une église. « Chaque heure qui passe sans assistance rend la situation plus dangereuse. » Les habitants redoutent une détérioration rapide si aucune réponse humanitaire et sécuritaire urgente n’est apportée.
Alors que les combats se poursuivent et que la situation demeure évolutive, Uvira et Fizi retiennent leur souffle. Les appels se multiplient pour une intervention rapide des autorités congolaises et de leurs partenaires afin de protéger les civils, rétablir l’accès humanitaire et éviter que le Sud-Kivu ne bascule dans une nouvelle tragédie humanitaire.


