Le Programme national de nutrition (PRONANUT) a tenu une importante réunion de concertation avec ses différents partenaires, dont l’Association des nutritionnistes et diététiciens du Congo (ANUDICO), en vue d’accélérer l’inscription des micronutriments multiples de supplémentation (MMS) sur la liste des médicaments essentiels en République démocratique du Congo.

Selon M. Augustin Kamanda, chef de Division au PRONANUT, depuis que le Gouvernement a introduit les MMS pour les femmes enceintes et allaitantes afin de lutter contre l’anémie et de réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile, ce produit n’a jamais été inscrit sur la liste des médicaments essentiels.

D’où la tenue de cette réunion de concertation, qui a permis à l’ACOREP d’expliquer le processus de cette inscription tant attendue.

« Nous nous sommes réunis aujourd’hui en invitant l’ACOREP, avec l’appui d’ENDA Santé et de l’ANUDICO, qui ont soutenu le PRONANUT dans l’organisation de cette activité. L’ACOREP nous a présenté le processus d’inscription, car, d’ici à la fin de ce mois de juillet, un atelier de validation sera organisé. À l’issue de cette validation, nous pourrons inscrire les MMS parmi les médicaments essentiels du pays. Ils sont essentiels parce qu’ils contribuent à lutter contre l’anémie ainsi qu’à réduire la mortalité maternelle et néonatale », a indiqué le chef de Division au PRONANUT.

Le chemin est désormais balisé et, pour l’ANUDICO, une victoire se dessine après plusieurs années de plaidoyer en faveur de cette inscription.

C’est ce qu’a affirmé son président national, M. Mutamba Mpoyo Tapoy, en ces termes : « Nous sommes vraiment satisfaits d’avoir apporté notre pierre à l’édifice pour améliorer la santé de la mère et de l’enfant en RDC. Le retard enregistré dans l’inscription des MMS sur la liste des médicaments essentiels nous préoccupait énormément. Maintenant que le problème est en voie d’être résolu, nous allons poursuivre nos efforts ensemble. Au regard des différentes démarches que nous avons entreprises, tout le monde a compris que les MMS méritaient d’être inscrits sur la liste des médicaments essentiels».

La photo de famille des participants (Ph: Yassa)

Après cette inscription, la prochaine étape envisagée par cette association sera la production locale des MMS.

Soulignons que si ce produit est inscrit sur la liste des médicaments essentiels, la République démocratique du Congo pourra atteindre une couverture nationale en MMS d’ici 2028. Pour le moment, seules 18 provinces sont approvisionnées, alors que l’objectif est de remplacer progressivement la supplémentation en fer et acide folique par les MMS.

« En tout cas, je crois que c’était l’objectif depuis le début de ce projet. Nous nous étions fixé comme objectif d’obtenir cette inscription afin que notre plaidoyer soit fondé sur des évidences et sur les engagements du Gouvernement. Lorsque nous avons constaté que les MMS n’étaient pas inscrits, nous avons réorienté notre stratégie. Aujourd’hui, nous pouvons mener notre plaidoyer directement auprès du Gouvernement sur la base d’un document validé. Cela nous met vraiment à l’aise », s’est réjoui M. Bogol Mbope, point focal de l’ONG internationale ENDA Santé, qui met en œuvre ce projet avec le financement de la Fondation Gates.

En attendant la production locale, comme cela a été recommandé lors de l’atelier consultatif sur la supplémentation en micronutriments multiples (MMS) pour les femmes enceintes et allaitantes, il convient de souligner que l’inscription de ces produits sur la liste des médicaments essentiels, qui constitue l’une des exigences des partenaires parmi lesquels Vitamin Angels, permettra à la RDC d’élargir sa couverture afin d’atteindre un plus grand nombre de femmes.

A ce jour, plus de 1.200.000 femmes réparties dans 18 provinces bénéficient déjà de ces suppléments, tandis que près de quatre millions de femmes attendent encore d’en bénéficier.

Les MMS constituent un supplément essentiel qui contribue à réduire l’anémie chez la femme enceinte ainsi que la mortalité maternelle. Ils permettent également de diminuer les risques de faible poids à la naissance, de prématurité, ainsi que la mortalité néonatale et infantile.

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version