La société civile du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, a lancé un nouvel appel à la protection des populations civiles face à la dégradation de la situation sécuritaire dans les hauts et moyens plateaux.

Dans une note d’information rendue publique, elle dénonce la poursuite des bombardements, l’aggravation de la crise humanitaire et le non-respect des engagements pris dans les différents processus de paix.

Selon cette organisation, de récentes frappes menées à l’aide de drones dans plusieurs villages ont fait trois morts parmi les civils, dont deux femmes et un enfant, et ont détruit une école primaire. Elle rappelle également que l’hôpital général de référence de Minembwe a déjà été touché lors de précédents bombardements intervenus dans le cadre des affrontements opposant l’AFC/M23 Twirwanheo à la coalition formée par les FARDC, l’armée burundaise et les Wazalendo. La société civile fait aussi état de nombreuses habitations détruites et de déplacements massifs de populations.

Son président, Me Jacques Alimasi, estime que les engagements conclus dans les cadres des processus de paix de Doha, de la Suisse et des États-Unis sont restés lettre morte. « Il y a plusieurs instruments juridiques qui ont déjà été signés par les parties prenantes au conflit. Ils portent sur la cessation des hostilités et sur la recherche de solutions au conflit armé qui sévit dans le pays. Tous ces instruments juridiques sont aujourd’hui piétinés, non seulement par les belligérants, mais également par les partenaires impliqués dans les processus de recherche de la paix dans la région des Grands Lacs, en particulier en République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.

S’interrogeant sur l’efficacité de ces engagements, Me Jacques Alimasi a poursuivi : « A quoi bon maintenant tous ces instruments juridiques, s’ils ne sont pas respectés ? Nous demandons à toutes les parties prenantes de respecter les documents qu’elles ont signés, que ce soit à Doha, en Amérique ou en Suisse récemment. Ces engagements doivent être appliqués afin de mettre un terme aux hostilités et de créer les conditions d’un véritable retour à la paix. »

Le responsable de la société civile a également insisté sur la nécessité de placer la protection des civils au cœur de toute démarche de règlement du conflit. « Nous demandons aussi aux parties prenantes de respecter les droits humains ainsi que le droit international humanitaire, parce que c’est la population qui meurt », a-t-il affirmé, estimant qu’un dialogue intercongolais inclusif réunissant toutes les parties au conflit demeure indispensable pour parvenir à une solution durable.

La société civile de Fizi appelle enfin les acteurs nationaux, les partenaires régionaux et la communauté internationale à veiller à l’application effective des accords déjà conclus afin de mettre un terme aux violences qui continuent d’affecter les populations civiles dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu.

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