La République démocratique du Congo évalue à environ 192 millions de dollars américains le coût global de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), lancé après 42 années d’attente. C’est ce qu’ont annoncé le ministre d’Etat, ministre du Plan, Guylain Nyembo Mbwizya, et le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, lors d’un brifieng.

Placée sous le thème « RGPH-2, 42 ans après : où en est-on avec la préparation du recensement et comment la population peut-elle y contribuer ? », cette rencontre a permis de faire le point sur les différentes étapes déjà engagées, notamment le lancement de la cartographie censitaire.

La cartographie, une étape clé

La cartographie censitaire constitue une étape préparatoire majeure du RGPH-2. Elle vise à répertorier les localités, à actualiser les informations géographiques disponibles et à délimiter les aires de dénombrement dans lesquelles seront déployés les futurs agents recenseurs. Son lancement est intervenu le lundi, 28 septembre 2026.

Selon le ministre d’Etat, ministre du Plan, un important travail préalable a déjà été réalisé à partir des cartes et des données existantes. Les équipes de cartographes sont désormais déployées sur le terrain afin de vérifier, confirmer et mettre à jour ces informations.

Cette opération doit notamment permettre d’obtenir une estimation plus précise du nombre de villages et de la population à couvrir. Les données disponibles font actuellement état d’environ 130 000 villages, un chiffre qui reste provisoire et pourrait évoluer au terme des travaux de terrain.

Un budget de 192 millions USD

Le coût global annoncé de 192 millions de dollars américains couvre plusieurs composantes du processus, notamment le recrutement et la mobilisation du personnel, la logistique, les équipements ainsi que les outils technologiques nécessaires à la collecte et au traitement des données.

La technologie occupe une place importante dans le dispositif. Les cartographes, puis les agents recenseurs, seront notamment dotés de tablettes électroniques destinées à faciliter la collecte, la transmission et le traitement des informations recueillies sur le terrain.

Le processus prévoit également le recrutement de personnels au niveau local. Les responsables du RGPH-2 encouragent notamment la mobilisation de jeunes issus des communautés concernées et connaissant les réalités de leurs milieux. Cette approche devrait faciliter le travail des équipes sur le terrain et favoriser l’adhésion des populations à l’opération.

Plusieurs étapes avant la publication des résultats

La cartographie censitaire ne constitue que l’une des principales étapes préparatoires du RGPH-2. Elle devra être suivie par d’autres opérations, notamment la formation des agents, le dénombrement de la population, le contrôle de la qualité des données, ainsi que leur traitement et leur analyse.

Après Kinshasa, les travaux de cartographie doivent se poursuivre dans les différentes provinces jusqu’à la fin de l’année, avec certaines activités susceptibles de se prolonger jusqu’au début de 2027.

Des mécanismes de suivi et de contrôle sont également prévus afin d’évaluer régulièrement l’évolution des opérations et de garantir la qualité des données collectées.

La phase d’analyse interviendra après les opérations de terrain et devra aboutir, à terme, à la publication des résultats nationaux.

La sensibilisation au cœur de la participation communautaire

Au-delà des aspects techniques et financiers, les autorités accordent une attention particulière à la sensibilisation de la population.

Les autorités provinciales et locales, les chefs coutumiers et religieux ainsi que différents relais communautaires et sociaux sont appelés à contribuer à la sensibilisation autour du RGPH-2.

L’objectif est de permettre à la population de mieux comprendre l’importance du recensement et de favoriser sa participation aux différentes étapes de l’opération.

A terme, le RGPH-2 doit fournir à la RDC des données démographiques actualisées, indispensables à la planification du développement et à l’élaboration de politiques publiques adaptées dans les secteurs sociaux, économiques et environnementaux.

Quarante-deux ans après le précédent recensement général, la RDC entend ainsi franchir une nouvelle étape dans la connaissance de sa population, avec une opération dont le coût global est estimé à 192 millions de dollars et qui, selon les autorités, doit couvrir l’ensemble de la population congolaise, y compris celle vivant dans les zones actuellement sous occupation.

Le recensement dans les zones occupées

Réagissant à cet effet, le ministre  de la Communication et Médias, Patric Muyaya, a rassuré que les Congolais vivant dans les zones sous occupation par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, autres sont également concernés par le recensement, réaffirmant ainsi la volonté des autorités de prendre en compte l’ensemble de la population du pays.

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