La République démocratique du Congo maintient sa vigilance face aux principales menaces épidémiques, notamment la maladie à virus Ebola, le choléra et la rougeole. La situation de ces épidémies a été examinée ce lundi 5 octobre 2026 à Kinshasa lors de la réunion stratégique hebdomadaire de l’Institut national de santé publique (INSP), conduite par son Directeur général, Dr Mwamba Kazadi Dieudonné.
Les échanges ont porté sur les principales menaces épidémiques suivies dans le pays, avec un accent particulier sur l’évolution de la maladie à virus Ebola, du choléra et de la rougeole, ainsi que sur le renforcement de la préparation dans les provinces exposées.
Ebola : renforcer la préparation et maintenir la vigilance
À la 39ᵉ semaine épidémiologique, la RDC a enregistré 8 544 cas d’Ebola, dont 4 114 décès, soit une létalité de 48,2 %. Le bilan fait également état de 2 229 personnes guéries, tandis que le suivi des contacts s’établit à 73,8 %. Au total, 64 zones de santé ont été touchées.
Face à cette situation, la préparation des provinces susceptibles d’être affectées demeure au cœur des priorités. Une attention particulière est accordée à Kinshasa et au Maniema, afin de renforcer en amont les capacités de surveillance, d’alerte et de réponse.
La réunion a également relevé une évolution encourageante : 23 zones de santé n’ont plus notifié de cas d’Ebola depuis plus de 42 jours. Un résultat considéré comme satisfaisant, fruit des efforts déployés par la coordination multisectorielle de la riposte.
Pour autant, cette amélioration ne signifie pas la fin de l’épidémie. Les zones qui continuent à notifier des cas font l’objet d’une attention particulière afin d’identifier les actions à intensifier et de consolider les acquis.
Pourquoi maintenir les zones sans nouveaux cas dans le dispositif ?
Interrogé sur le maintien dans la surveillance des zones n’ayant plus enregistré de cas depuis plus de 42 jours, le Directeur général de l’INSP a rappelé que l’épidémie reste active dans les provinces concernées.
La fin d’une période prolongée sans notification constitue un indicateur favorable, mais elle ne justifie pas un relâchement de la vigilance. Le maintien de ces zones dans le dispositif permet de préserver les capacités de détection précoce et d’éviter toute résurgence silencieuse.
Autre sujet abordé : la baisse du taux de suivi des contacts. Des mécanismes sont déjà mis en place pour renforcer à nouveau cette activité et ramener le taux vers 85 %, avec l’ambition d’aller au-delà de 89 %, conformément à l’objectif fixé par la coordination.
Un fleuve sans maladies infectieuses
La stratégie de riposte s’inscrit également dans une approche plus large visant à renforcer la prévention le long du fleuve Congo. L’objectif est de consolider les actions de surveillance et de prévention afin de contribuer à un « fleuve sans maladies infectieuses », notamment dans les zones exposées aux mouvements importants des populations.
Choléra : cinq provinces concentrent l’essentiel des cas
Concernant le choléra, la 39ᵉ semaine fait état de plus de 2 600 cas, avec une légère augmentation par rapport à la semaine précédente.
Cinq provinces concentrent à elles seules plus de 80 % des cas enregistrés à l’échelle nationale, confirmant la nécessité d’une réponse ciblée dans les zones les plus affectées.
Dans le Kivu, une campagne de vaccination contre le choléra est prochainement envisagée afin de renforcer la protection des populations exposées et de contribuer à réduire la transmission.
Rougeole : une tendance à la baisse après les campagnes de vaccination
Sur le front de la rougeole, la situation épidémiologique tend à se stabiliser. Après les opérations de vaccination menées dans les trois blocs ciblés, environ 760 cas sont actuellement rapportés.
La tendance observée à la 39ᵉ semaine est à la baisse par rapport à la semaine 38, un signal encourageant qui appelle néanmoins au maintien de la surveillance et des interventions dans les zones encore affectées.
Maintenir la pression malgré les signaux favorables
A travers cette réunion hebdomadaire, l’INSP entend maintenir une lecture régulière et multisectorielle de la situation sanitaire du pays. Si certains indicateurs évoluent favorablement, notamment dans plusieurs zones touchées par Ebola et dans la lutte contre la rougeole, les autorités sanitaires restent mobilisées pour éviter tout relâchement.
La priorité demeure claire : renforcer la préparation dans les provinces à risque, maintenir une surveillance active, intensifier les interventions dans les zones où les cas persistent et consolider les acquis dans celles qui connaissent une amélioration.
La riposte se poursuit ainsi dans une logique d’anticipation, avec l’objectif de transformer les progrès enregistrés en résultats durables sur l’ensemble du territoire national.

L’NSP insiste sur le respect des mesures barrières
L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :
✅ Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utilisez une solution hydroalcoolique ;
✅ Évitez tout contact avec une personne présentant des signes suspects de MVE ;
✅ En cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête, vomissements, diarrhée, saignements ou douleurs musculaires, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche ou composez le *151#.
🔎 La vigilance et la prévention sauvent des vies.


