Les prestataires affectés aux postes de contrôle du territoire d’Irumu ainsi qu’à l’aéroport international de Bunia, dans la province de l’Ituri, dénoncent la rémunération de 4 dollars américains par jour versée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le cadre de la riposte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola.

Le climat s’est fortement détérioré depuis la journée de mardi, au moment du paiement des prestataires. Déjà mécontents en raison de deux mois de retard dans le versement de leurs indemnités, ces derniers ont exprimé leur colère en érigeant des barricades sur la voie publique à l’aide de tables et de chaises cassées, paralysant momentanément la circulation dans cette partie du territoire d’Irumu.

Les postes de contrôle ont été abandonnés par plusieurs agents, laissant les voyageurs circuler sans dépistage thermique ni contrôle sanitaire. Une situation qui pourrait fragiliser davantage le dispositif de surveillance et favoriser la propagation du virus.

Joint par Congocroissance.com, le chef du Programme d’Hygiène aux Frontières (PNHF/Bunia), le Dr Théophile Ponde, reconnaît l’existence d’un malaise entre les prestataires et l’OIM, partenaire chargé de la gestion de ces équipes.

« Il s’agit d’une catégorie d’agents très importante dans la riposte que nous voulons robuste contre cette épidémie d’Ebola. Grâce à eux, nous avons pu intercepter 45 cas positifs parmi les voyageurs et les transférer vers les Centres de traitement Ebola pour une prise en charge. Ces agents méritent un traitement digne. Ils sont exposés toute la journée. Nous demandons donc à l’OIM de revoir sa politique de rémunération. Si les infirmiers, les médecins et d’autres professionnels perçoivent 10 dollars par jour, pourquoi les autres agents, qui participent eux aussi à la riposte, ne reçoivent-ils que 4 dollars ? », s’est interrogé le Dr Théophile Ponde.

Le même sentiment d’injustice est exprimé par les prestataires affectés à l’aéroport national de Bunia, qui menacent également d’abandonner leurs postes si leurs revendications ne sont pas prises en compte dans les prochains jours par l’OIM.

« Je suis au poste de contrôle dès 7 heures du matin pour assurer le dépistage thermique des passagers et je termine à 18 heures. C’est notre quotidien depuis le début de cette riposte. Pourtant, les infirmiers, les médecins et les épidémiologistes ont reçu environ 470 dollars pour 45 jours de travail, tandis que nous n’avons perçu que 188 dollars pour la même période. C’est une injustice. Nous demandons à l’OIM de corriger cette situation, car nous sommes tous exposés au même risque et contribuons à la même riposte », a déclaré Christine Kongolo, administratrice de poste à l’aéroport international de Bunia.

Cette tension intervient alors que l’épidémie d’Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo. Deux mois après sa déclaration, la maladie touche désormais cinq provinces, avec l’Ituri comme principal épicentre de cette 17ᵉ épidémie due à la souche Bundibugyo.

Face à cette situation, les prestataires appellent le Gouvernement congolais ainsi que les partenaires engagés dans la riposte à prendre des mesures urgentes afin de préserver la motivation des équipes de première ligne, dont le travail est jugé essentiel pour contenir la propagation du virus et protéger les populations.

Pour ce cas d’espèce, il serait indispensable pour l’OIM de procéder par la signature de contrat avec les prestataires avant le recrutement pour éviter des tels désaccords qui risquent   d’affaiblir le système de surveillance.

 

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