Le ministère congolais de la Santé publique, hygiène et Prévoyance sociale, à travers le Conseil national-Couverture Santé Universelle (CN-CSU) a lancé le projet « Bomoyi ya Mama na Mwana », une initiative visant à renforcer la santé maternelle et néonatale à travers la modernisation des maternités, la formation du personnel de santé et l’innovation numérique.
Mis en œuvre en partenariat avec la Fondation Vodacom et le bureau du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en RDC, ce projet vise à renforcer les services de santé destinés aux mères et aux nouveau-nés, tout en contribuant à la réduction de la mortalité maternelle et infantile.
Cinq axes d’intervention
Selon le Coordonnateur du CN-CSU, le Docteur Mbongani Kabila Polydor, ce projet repose sur cinq axes principaux : la réhabilitation et l’équipement de 15 maternités bénéficiaires du programme de gratuité ; le renforcement des capacités des sages-femmes et des techniciens de surface en soins obstétricaux et néonataux d’urgence ainsi qu’en soins humanisés ; la prise en charge intégrée des fistules obstétricales avec réparation chirurgicale et réinsertion socio-économique ; la digitalisation des établissements de santé et la formation numérique du personnel ; ainsi que la sensibilisation communautaire digitalisée sur la santé sexuelle et reproductive, la planification familiale et la prévention des IST/VIH.
Ce projet, a-t-il souligné, répond à un objectif crucial, celui de réduire significativement la mortalité maternelle et infantile en RDC.
« Pour ce genre d’intervention, nous ne pouvons pas agir seul en tant que Gouvernement. Nous avons besoin de partenariats solides. Nous saluons cette collaboration avec la Fondation Vodacom comme partenaire financier et l’UNFPA comme partenaire technique, afin de passer à l’action notamment dans la réhabilitation de plusieurs établissements de soins », a-t-il déclaré.
L’engagement du secteur privé
Saluant l’aboutissement de ce projet, la présidente de la Fondation Vodacom, Madame Pamela Ilunga, a indiqué que ce programme est le fruit d’une volonté commune d’améliorer les conditions de prise en charge des femmes enceintes.
« Chaque décès maternel est un échec que nous devons tous prendre à cœur, et chaque accouchement sécurisé est une victoire que nous devons célébrer ensemble », a-t-elle affirmé, avant de rappeler que sa structure a mené plusieurs réalisations, dont la rénovation de quatre hôpitaux de référence à Lubumbashi, Kipushi, Likasi et Kolwezi, la formation de 180 sages-femmes, la contribution à plus de 1 000 accouchements sécurisés.
Dans le cadre de ce nouveau projet, la fondation prévoit également de moderniser 15 hôpitaux supplémentaires dans plusieurs provinces du pays, de renforcer les capacités du personnel de santé et de déployer une application numérique de suivi de la santé maternelle destinée aux femmes enceintes.
Réduire les inégalités d’accès aux soins
Malgré les progrès enregistrés, notamment avec plus de 80 % des accouchements réalisés dans des formations sanitaires selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) 2023-2024, d’importantes disparités persistent entre les zones urbaines et rurales.
Ainsi, s’exprimant à cette occasion, le représentant résident de l’UNFPA en RDC, Alain Akpadji, a insisté sur la complémentarité du partenariat entre l’État, le secteur privé et les Nations Unies, qu’il considère comme un levier essentiel pour renforcer durablement le système de santé.
« L’initiative que nous lançons aujourd’hui démontre qu’un partenariat entre l’État, le secteur privé et les Nations Unies peut produire des résultats concrets et durables. Mais pour transformer durablement la santé maternelle en République démocratique du Congo, nous avons besoin que d’autres entreprises rejoignent ce mouvement », a-t-il conclu.


