Dans le groupement de Mbinga-Nord, au Sud-Kivu, plusieurs centaines d’écoliers du primaire sont confrontés à la faim et au manque de fournitures scolaires. La Nouvelle Société civile de Kalehe appelle les autorités et les organisations humanitaires à intervenir d’urgence pour préserver leur scolarité.
La précarité des conditions de vie des familles fragilise la scolarité des enfants dans le groupement de Mbinga-Nord, en territoire de Kalehe, dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Plusieurs élèves fréquentent les écoles sans uniforme et arrivent en classe le ventre vide, au risque de décrocher.
Plusieurs mois après la rentrée scolaire 2025-2026, de nombreux élèves de différentes écoles primaires ne disposent toujours pas d’uniformes, faute de moyens financiers de leurs parents. Cette situation affecte notamment les établissements EP Nuru, EP Sanzi, EP Bulagizi, EP Mukwidja, EP Meje et EP Gloria, selon les constats rapportés sur le terrain.
La faim constitue une autre préoccupation majeure. Certains enfants se rendent à l’école avec quelques morceaux de manioc sec ou des mangues non mûres accompagnées de sel pour tenter de calmer leur faim. D’autres arrivent sans avoir pris de petit-déjeuner, tandis que certains auraient passé la nuit sans manger.
Ces difficultés compromettent les conditions d’apprentissage des élèves. Épuisés par le manque de nourriture et confrontés à la précarité familiale, certains peinent à suivre les cours pendant toute la journée. Le risque d’abandon scolaire devient ainsi une préoccupation pour les communautés locales.
Face à cette situation, la Nouvelle Société civile de Kalehe lance un appel à l’aide en faveur des enfants et de leurs familles. Son président, Benjamin Mungazi, sollicite l’intervention des organisations humanitaires et des partenaires susceptibles de soutenir les élèves les plus vulnérables.
« Nous demandons aux organisations gouvernementales et non gouvernementales, notamment le PAM, la FAO, CARITAS, ACTED, le Fonds Social et d’autres, de venir en aide à ces écoliers avec des uniformes et des fournitures scolaires », déclare Benjamin Mungazi.
Au-delà de l’assistance scolaire, la Nouvelle Société civile plaide pour une aide en vivres, en biens non alimentaires et en argent, sans discrimination, au profit des ménages démunis de Muganzo, Mukwidja, Kabugizi, Kiniezire, Karango, Nyabwimba/Ruhunde, Mweha, Kalangala 1 et 2, Kazo, Makengere et Nyamasasa. Pour les acteurs locaux, cette assistance est indispensable pour améliorer les conditions de vie des familles et permettre aux enfants de poursuivre leur scolarité.
Dans le groupement de Mbinga-Nord, l’accès à l’éducation se heurte ainsi à une urgence sociale : pour de nombreux enfants, poursuivre les études dépend aussi de la possibilité de manger à leur faim et de disposer du minimum nécessaire pour fréquenter l’école. La mobilisation des autorités et des partenaires humanitaires est désormais attendue pour éviter que la pauvreté ne pousse davantage d’élèves hors des salles de classe.


