Une situation sanitaire préoccupante se dessine dans l’aire de santé de Buchaku, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Des cas de rougeole y sont signalés quotidiennement, suscitant une vive inquiétude parmi les professionnels de santé.
Face à l’ampleur de la menace, les organisations intervenant dans le secteur de la santé sont appelées à agir sans délai pour éviter une catastrophe humanitaire.
L’alerte est lancée par le médecin traitant du centre hospitalier de Buchaku, le Dr Minani Kaningu. Selon ce dernier, la maladie progresse à un rythme alarmant. En l’espace de moins de deux semaines seulement, quinze cas de rougeole ont déjà été enregistrés, dont trois décès. Un bilan lourd qui traduit la gravité de la situation et la vulnérabilité des populations locales, en particulier les enfants.
« Nous recevons des malades presque chaque jour. Les capacités de prise en charge sont très limitées et nous manquons cruellement de médicaments, de vaccins et de matériel médical », alerte le Dr Minani Kaningu. Il insiste sur la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée afin de contenir la propagation de la maladie et de sauver des vies.
Dans cette zone rurale enclavée, l’accès aux soins reste difficile. La faible couverture vaccinale, la précarité des conditions de vie et le retard dans la consultation médicale favorisent la propagation de la rougeole, une maladie pourtant évitable par la vaccination. Les familles, souvent démunies, arrivent tardivement à l’hôpital, parfois lorsque les complications sont déjà graves.
Les acteurs de la santé appellent ainsi à une mobilisation urgente des partenaires humanitaires, des autorités sanitaires et des ONG médicales. Une campagne de vaccination de riposte, l’approvisionnement en intrants médicaux et le renforcement de la prise en charge communautaire sont jugés indispensables pour freiner cette flambée.
Alors que la rougeole continue de faire des victimes à Buchaku, chaque jour qui passe sans intervention renforce le risque d’une propagation à grande échelle. Pour les soignants sur place, l’urgence n’est plus à démontrer : il faut agir maintenant, avant que la situation ne devienne incontrôlable.


