Dans le territoire de Basoko, la richesse naturelle qui devrait constituer un levier de développement pour les populations locales se transforme progressivement en source de pauvreté, de conflits et de dégradation environnementale.
L’ONG Amis de la Nature pour la Paix Sociale (ANPS) tire la sonnette d’alarme après une mission de consultation menée auprès des communautés affectées.
Selon son président du conseil d’administration et manager, Alain Ponde, la situation est alarmante : plusieurs sociétés opéreraient dans la région dans un climat d’impunité, avec la complicité de certains acteurs locaux, au détriment du bien-être collectif.

Une exploitation forestière contestée
Parmi les entreprises mises en cause figure Forestière pour le Développement du Congo SARL (FODECO), active dans la chefferie de Yaliwasa. Les communautés locales accusent la société de multiples violations des lois forestières congolaises.
Sur le plan administratif, les populations dénoncent notamment l’absence d’études d’impacts environnementaux et sociaux, le non-respect des procédures d’aménagement forestier ainsi qu’un manque de transparence dans la gestion des cahiers des charges signés avec les communautés.
Sur le plan socio-économique, plusieurs témoignages évoquent le non-respect des engagements communautaires, des conditions de travail jugées inhumaines pour les ouvriers locaux et le non-paiement du salaire minimum légal. Des cas d’intimidations et d’arrestations arbitraires visant des citoyens réclamant leurs droits sont également rapportés.
Les accusations portent également sur des pratiques d’exploitation jugées destructrices pour l’environnement, notamment l’abattage d’arbres en dessous des normes légales, l’exploitation d’essences non autorisées et la dégradation de zones écologiquement sensibles.
Une exploitation minière aux lourdes conséquences
La société minière Xiang Jiang Mining SARL, opérant le long de la rivière Aruwimi près de la cité de Liambe, est également pointée du doigt.
Les enquêtes menées par l’ONG font état d’une pollution importante des cours d’eau, de la destruction de l’écosystème aquatique et de la disparition progressive de certaines espèces animales et végétales. Les populations locales signalent aussi une augmentation des maladies hydriques et des tensions foncières liées à l’occupation des terres.
Selon l’ANPS, le manque d’information des communautés sur leurs droits, notamment ceux prévus par le Code minier révisé, favoriserait ces abus et l’exploitation des populations.

Des communautés de plus en plus vulnérables
Les conséquences de ces activités illégales sont multiples. Les communautés riveraines font face à une destruction accélérée de la biodiversité, à la disparition de ressources alimentaires naturelles et à un appauvrissement généralisé.
Autrefois source de subsistance, l’environnement de Basoko se transforme progressivement en un espace dégradé où la malnutrition, les conflits communautaires et l’insécurité économique gagnent du terrain.
Des complicités locales dénoncées
Pour Alain Ponde, cette situation ne serait pas possible sans la complicité de certains acteurs locaux qui, pour des intérêts personnels, ferment les yeux sur les abus constatés.
« Ces comportements constituent une véritable trahison envers les communautés locales et compromettent les efforts de développement du territoire », déplore-t-il.
Selon lui, le silence et l’inaction de certains responsables facilitent la poursuite du pillage systématique des ressources naturelles de la région.
Une alerte aux autorités
Face à la gravité de la situation, l’ONG Amis de la Nature pour la Paix Sociale annonce plusieurs actions, notamment la saisine des autorités diplomatiques concernées, le dépôt de plaintes auprès des juridictions compétentes ainsi que l’alerte de la Présidence de la République et des ministères en charge de la justice, de l’environnement et de l’intérieur.
L’organisation prévoit également la publication d’un rapport détaillé sur les violations constatées.
Pour l’ANPS, l’heure est venue de mettre fin à l’impunité et de garantir une gestion transparente et durable des ressources naturelles.
« Basoko ne doit plus être une terre de pillage. La protection de l’environnement et le respect des droits des communautés doivent devenir des priorités absolues », conclut Alain Ponde.
Augustin Tsheza.


