Deux semaines après le naufrage de la baleinière Ville de Liambe, qui assurait la liaison fluviale Basoko–Bumba (aller-retour), le bilan humain demeure flou. La douleur des familles ne cesse de s’intensifier, alors que plusieurs d’entre elles restent jusqu’à présent sans nouvelles de leurs proches, dont les corps n’ont jamais été retrouvés.
Une situation particulièrement dramatique pour la famille Liongo, récemment informée de la disparition de leur fille Maguy Liongo, âgée de 23 ans, et de son bébé Josué, âgé de moins de quatre ans. À ce jour, aucun membre de la famille ne connaît le lieu de leur inhumation.
Rappel des faits
La baleinière, en provenance de Basoko, avait quitté le port le lundi 15 décembre 2025 vers 20 heures, en direction de Bumba. Arrivée à hauteur de l’île Mohwahala, l’embarcation a fait naufrage aux environs de minuit.
Ce n’est que le lundi 29 décembre 2025 que certaines familles, dont celle de Maguy Liongo, ont été officiellement informées de la disparition de leurs proches. Une annonce tardive qui a plongé plusieurs foyers dans le deuil à Basoko, Lokutu, Kisangani, Yalimbongo et Bolila.
Bilan partiel et manque d’assistance
Jusqu’à présent, sept corps ont été repêchés et inhumés dans différents sites, notamment sur des îlots, à Basoko centre et à Bolila. De nombreux rescapés ont perdu leurs petits capitaux et biens de valeur, sans bénéficier d’aucune assistance humanitaire.
Malgré la gravité du drame, le propriétaire de l’embarcation demeure en liberté, aucune interpellation n’a été signalée, et aucune enquête officielle n’a été annoncée par les autorités compétentes.
« Nous sommes profondément touchés par la disparition de nos frères et sœurs. Notre enfant y voyageait avec son bébé. En tant que Bantous, il est important pour nous de savoir où ils ont été enterrés. Nous demandons l’accompagnement des autorités territoriales pour effectuer ces démarches », a déclaré la famille Liongo à Kisangani.
Un appel pressant aux autorités
Face à la recrudescence des naufrages sur le fleuve Congo, les autorités politico-administratives, les services de la navigation fluviale et les armateurs sont appelés à prendre des mesures urgentes pour : réglementer strictement les embarcations fluviales ; renforcer les contrôles de sécurité ;lutter contre les embarcations de fortune; assister les familles endeuillées et les survivants et ouvrir des enquêtes transparentes après chaque incident.
Le fleuve Congo, principal axe de transport pour des millions de Congolais, continue de devenir un cimetière à ciel ouvert, emportant des vies humaines et ruinant des familles entières.
Affaire à suivre.
Augustin Tsheza


