En séjour à Kisangani, le Ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a tenu une rencontre historique ce mercredi 8 avril 2026 avec les victimes de la « Guerre de Six Jours ».
Dans une salle de l’Alliance Française (AFRACO) comble, le ton était à la vérité : l’heure est à l’audit pour débusquer les réseaux de fraude et rétablir les victimes dans leurs droits.
Un diagnostic sans complaisance : « Une gestion désastreuse »
Dès l’ouverture de la séance, après le mot d’accueil de M. Dismas Kitenge, PCA du FRIVAO (Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en RDC), le Ministre d’État a planté le décor. Sans détour, Guillaume Ngefa a justifié l’arrêt temporaire des activités du Fonds par la nécessité de mettre fin à un système gangrené.
« La raison de l’arrêt des activités était le détournement, la fraude et le favoritisme. La gestion du FRIVAO était devenue désastreuse », a-t-il martelé devant une assemblée attentive.
Le constat est sévère, avec le fichier actuel des bénéficiaires est pollué par des victimes fictives, au détriment des « familles emblématiques » qui attendent réparation depuis plus de deux décennies.
L’audit, le passage obligé vers une indemnisation juste
Pour le Garde des Sceaux, le redressement passe par une étape non négociable : l’audit intégral. Ce projet, porté par le comité d’administration et soutenu à 100 % par le gouvernement, vise à assainir la base de données.
S’agissant de l’indemnisation, il convient de souligner qu’elle se décline en deux formes : l’indemnisation individuelle et l’indemnisation collective.
L’indemnisation individuelle interviendra immédiatement après la validation des résultats de l’audit. Tandis que l’indemnisation collective sera mise en œuvre après analyse des besoins globaux de la région.
Extension géographique
Le Ministre a rappelé que si Kisangani est l’épicentre, le processus s’étendra à d’autres provinces de l’espace Grand Oriental touchées par les conflits.
Fin de l’impunité et appel à la vigilance
Guillaume Ngefa a profité de cette tribune pour lancer un avertissement sévère aux prédateurs financiers. « Que personne ne vous demande de l’argent. Ceux qui s’adonnent à ces pratiques seront arrêtés. Des enquêtes sont déjà ouvertes pour tout dérapage lié aux fonds destinés aux victimes. »
En réponse aux doléances et questions des victimes présentes, le Ministre a promis une amélioration de la communication et l’installation de boîtes de suggestions pour briser l’isolement des bénéficiaires et restaurer un dialogue permanent.
Un climat de réconciliation
L’émotion était palpable en fin de séance lorsque Dismas Kitenge, PCA du FRIVAO, a pris la parole pour saluer l’initiative ministérielle : « Je demande pardon pour tout ce qui s’est passé, et je vous demande de me pardonner également. »
Le message du gouvernement est clair : la justice transitionnelle pour les crimes commis en 2000 par les armées ougandaise et rwandaise est en marche, mais elle ne se fera que sous le signe de la transparence et de l’équité.
Augustin Tsheza



