Les organisations féminines de la province de la Tshopo haussent le ton. Réunies lors d’une rencontre citoyenne organisée par le Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et de Justice (RRSSJ), elles ont adopté un mémorandum fort en faveur d’une implication effective des femmes dans la gouvernance sécuritaire et la gouvernance locale.
Adressé notamment au Président de la République, Félix Tshisekedi, aux autorités provinciales et à la communauté internationale, le document plaide pour une représentation équitable des femmes (50 %) dans les instances locales de prise de décisions sécuritaires, notamment les Forums de quartier, les CLDP et les CLS.
Un constat préoccupant
Les signataires dénoncent la faible présence des femmes dans les espaces décisionnels, malgré leur statut de premières victimes de l’insécurité.
Elles soulignent que violences, conflits, déplacements et pauvreté affectent directement les femmes, qui demeurent pourtant marginalisées dans l’analyse et la résolution des problèmes sécuritaires.
Elles pointent également le manque de mécanismes d’accompagnement, de formation et de renforcement des capacités pour les femmes leaders, ainsi que la persistance des stéréotypes freinant leur participation.
Des revendications claires
Parmi les principales recommandations formulées : l’intégration effective des femmes dans toutes les instances de gouvernance sécuritaire et locale ; une représentation paritaire dans les cadres de concertation de la police de proximité ; le renforcement régulier des capacités en leadership, gouvernance et plaidoyer ;un appui technique et financier aux initiatives féminines œuvrant pour la paix et l’application effective des lois et politiques sensibles au genre.
Les organisations féminines insistent sur le fait que la participation des femmes constitue un levier essentiel pour renforcer la prévention des conflits, améliorer la confiance entre population et forces de sécurité, et bâtir une gouvernance inclusive et durable.
Un engagement pour une Tshopo plus sûre
Au-delà des revendications, les organisations signataires s’engagent à mobiliser les femmes à la participation citoyenne, à contribuer aux mécanismes de prévention des conflits et à assurer le suivi des recommandations formulées.
« La femme n’est pas seulement victime de l’insécurité, elle est actrice de la paix », rappellent-elles dans leur message final, appelant les autorités nationales et provinciales à agir pour une Tshopo plus sûre, solidaire et sécurisée.
Ce mémorandum marque ainsi une étape importante dans la dynamique de plaidoyer féminin en faveur d’une gouvernance sécuritaire plus représentative et plus efficace dans la province.
Augustin Tsheza


