Un infirmier engagé dans la riposte contre Ebola a été tué et un directeur d’école primaire grièvement blessé, samedi 24 octobre, à Bafwasende, dans la province de la Tshopo.
Les deux hommes auraient été pris pour cible par des jeunes qui les accusaient de propager le virus Ebola dans une source d’eau.
Selon le médecin chef de zone de santé de Bafwasende, le Dr Marcel Likilo, les violences visant les agents impliqués dans la riposte contre la maladie se multiplient, compromettant ainsi le bon déroulement des interventions sanitaires sur le terrain.
Outre cet incident meurtrier, la maison d’un relais communautaire a été incendiée. Le même samedi matin, l’enfant d’un infirmier a également été violemment battu par des jeunes qui accusent son père de travailler contre Ebola.
19 cas enregistrés, dont 9 décès
Sur le plan sanitaire, la zone de santé de Bafwasende a enregistré 19 cas d’Ebola, dont 9 décès et 5 guérisons.
Deux patients sont actuellement hospitalisés dans un centre de traitement d’Ebola (CTE), tandis que trois autres personnes confirmées positives ont fui les soins.
Cette situation suscite des inquiétudes quant à la prise en charge des malades et à la maîtrise de la propagation du virus, alors que la méfiance d’une partie de la population entrave les activités des équipes sanitaires.
Les équipes de riposte réclament une meilleure sécurité
Face à cette montée des violences et à la résistance communautaire, les équipes de riposte indiquent ne plus pouvoir travailler dans les conditions habituelles.
Elles appellent les autorités compétentes à leur apporter un soutien sécuritaire, aussi bien pendant leurs interventions qu’après leurs activités sur le terrain.
La protection des agents de santé et des relais communautaires apparaît désormais comme un enjeu majeur pour garantir la continuité des soins, favoriser la prise en charge des personnes infectées et renforcer la lutte contre Ebola.
Située à environ 262 kilomètres de Kisangani par voie routière, la zone de santé de Bafwasende fait ainsi face à un double défi : lutter contre l’épidémie et restaurer la confiance entre les communautés et les acteurs sanitaires.
Augustin Tsheza


