La zone de santé rurale de Basoko, province de la Tshopo en RDC fait face à une double urgence sanitaire alarmante.
Les épidémies de choléra et de M-pox (variole du singe) touchent actuellement sept aires de santé sur les 21 que compte la zone, avec déjà quatre décès enregistrés en l’espace d’une semaine.
Selon les autorités sanitaires locales, les aires de santé de Bafamba, Boulo, Bumane, Liambe, Sokinex et Yalemba sont durement frappées par le choléra, tandis que Yaonga fait face à une flambée de M-pox.
Rupture de médicaments et difficultés d’accès aux soins
La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs structures sanitaires, très éloignées du centre de Basoko, éprouvent d’énormes difficultés d’approvisionnement en intrants et dispositifs médicaux. L’évacuation rapide des malades vers le centre de santé de référence demeure un véritable défi logistique.
« Nous informons tous les amoureux de notre cher territoire de Basoko que la situation sanitaire demeure préoccupante. Le nombre de cas ne fait qu’augmenter. Le manque de médicaments, l’arrivée tardive des malades dans les structures de santé et les longues distances compliquent sérieusement la prise en charge. Si rien n’est fait rapidement, nous continuerons à enterrer nos proches », a alerté Stanis Botima, président de l’Union pour le Développement de Basoko (UDB).
Les intrants autrefois fournis par le gouvernement provincial via la Division Provinciale de la Santé (DPS), ainsi que par certaines personnalités originaires du territoire à savoir ; Son Excellence Doudou Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi ministre des Finances, honorable Emmanuel Makoka et Dr Olivier Kana Lingambu sont aujourd’hui en rupture, accentuant la vulnérabilité de la population.
Appel urgent au gouvernement central et aux partenaires
Face à cette crise, les acteurs locaux lancent un SOS au gouvernement central, aux partenaires humanitaires et aux organisations internationales afin d’obtenir un appui urgent en médicaments, équipements médicaux et moyens logistiques.
Par ailleurs , la mise en œuvre rapide de campagnes de vaccination, notamment contre le Mpox, ainsi que la dotation en engins motorisés pour faciliter le ravitaillement des structures enclavées, figurent parmi les priorités.
La zone de santé rurale de Basoko, située à 285 kilomètres au nord-ouest de Kisangani, est dirigée par le Médecin Chef de Zone, Dr Constant Mbombi.
Sensibilisation aux mesures d’hygiène
En attendant l’arrivée d’un soutien extérieur, les autorités sanitaires intensifient la sensibilisation communautaire. Robert Esabe Nyama Y’ekila, superviseur en charge de l’hygiène, eau et assainissement, insiste sur le respect strict des mesures préventives :lavage régulier des mains au savon ou à la cendre; ébullition de l’eau ou utilisation d’aquatabs avant consommation; lavage des mains après les toilettes et avant l’allaitement
ainsi que l’utilisation de latrines hygiéniques. Ces gestes simples peuvent considérablement réduire la propagation des maladies hydriques.
Alors que les cas continuent d’augmenter, la population de Basoko vit dans l’angoisse. Sans intervention rapide et coordonnée, la crise sanitaire pourrait prendre une ampleur dramatique dans les jours à venir.
Augustin Tsheza


