Après près d’un mois d’interruption provoquée par la crise sécuritaire de décembre 2025 à janvier 2026, les écoles de Uvira ont rouvert leurs portes.
Mais derrière la sonnerie de la reprise, les stigmates de l’insécurité restent visibles : bâtiments endommagés, matériel détruit et élèves encore marqués par les événements.
Des écoles saccagées
Selon Pascal Malumbi, chef de la sous-division EDU-NC Uvira 1, plusieurs établissements ont subi d’importantes dégradations pendant la période de troubles. Salles de classe détériorées, bureaux administratifs forcés, latrines détruites : les dégâts compliquent fortement la reprise.
« Des bancs ont été cassés, des portes et fenêtres arrachées. Cela rend l’organisation des cours très difficile », explique-t-il.
Dans certaines écoles, les élèves s’entassent dans des classes surchargées. Le manque de bancs et de matériel didactique oblige enseignants et directions à improviser pour maintenir les activités pédagogiques.
Une volonté intacte d’apprendre
Malgré ces difficultés, la détermination des élèves impressionne. Une finaliste du primaire témoigne :
« J’avais peur pendant les troubles. Je pensais que l’école ne rouvrirait pas vite. Je suis contente d’être revenue, même si plusieurs camarades sont réfugiés au Burundi et que certains ont perdu leurs cahiers. Nous voulons seulement étudier pour préparer notre avenir. »
Pour un préfet d’études d’une école secondaire ayant requis l’anonymat, l’enjeu dépasse l’apprentissage :
« L’école protège les enfants des risques de la rue et aide à surmonter les traumatismes. Mais sans appui pour réparer les infrastructures, la situation reste préoccupante. »
Solidarité communautaire
Face aux difficultés, un élan communautaire s’est organisé. Enseignants, parents et élèves ont participé à des travaux de nettoyage et de réparation provisoire afin de permettre une reprise rapide.
Les autorités éducatives se veulent rassurantes quant à l’amélioration de la situation sécuritaire. Mais pour garantir une reprise durable, la réhabilitation des infrastructures et un accompagnement psychosocial des élèves demeurent indispensables.
À Uvira, la crise a fragilisé les écoles. Elle n’a toutefois pas brisé la volonté d’apprendre.


