Les drames domestiques prennent une ampleur préoccupante dans la ville de Bukavu. De plus en plus de cas de meurtres survenus au sein même des familles sont signalés, suscitant une vive inquiétude au sein de la population.
Les enquêtes menées par les défenseurs des droits humains révèlent une réalité troublante : dans la majorité des situations documentées, les auteurs de ces actes tragiques sont les conjoints eux-mêmes, époux ou épouses.
Le dernier cas en date illustre la gravité de cette spirale de violences. Un jeune couple marié a vu sa relation basculer dans l’irréparable à la suite d’une violente altercation conjugale. La dispute, devenue incontrôlable, s’est soldée par la mort de l’épouse, plongeant le voisinage et la communauté dans la consternation.
Au-delà du fait divers, ce drame relance le débat sur la fragilité de nombreux foyers confrontés à des tensions permanentes. Pour Jean Bosco Biringanine, vice-président de la Corporation des psychologues cliniciens de Bukavu, les violences conjugales répétées et les conflits non résolus créent un climat destructeur, aux conséquences lourdes tant sur le plan humain que psychologique.
Selon ce spécialiste, vivre dans un environnement familial dominé par l’agressivité et l’instabilité émotionnelle expose les membres du couple, mais aussi les enfants, à des traumatismes profonds pouvant conduire à des comportements extrêmes. Il appelle à une prise de conscience collective, à la promotion du dialogue au sein des familles et au renforcement des mécanismes de prévention afin d’éviter que le foyer, censé être un espace de protection, ne se transforme en théâtre de tragédies.


