La recrudescence des violences armées survenue ce vendredi 6 février 2026 dans le groupement de Kamisimbi, en territoire de Walungu, a durement frappé le monde scolaire, à une douzaine de kilomètres seulement de la ville de Bukavu.

Dès les premières heures de la matinée, l’insécurité a imposé un arrêt brutal de toutes les activités éducatives dans la zone.

Selon des témoignages concordants, les premières détonations ont été entendues vers 6h45, au moment même où élèves et enseignants quittaient leurs domiciles pour rejoindre les établissements scolaires. La peur s’est rapidement installée, obligeant les enfants à faire demi-tour, parfois en larmes, sous l’insistance de parents inquiets pour leur sécurité.

« Aucune école n’a fonctionné aujourd’hui. Nous avons immédiatement demandé aux élèves de rentrer chez eux », a indiqué le responsable d’une école de la place, préférant garder l’anonymat. Craignant des balles perdues et une aggravation de la situation, les directions scolaires ont jugé impossible toute ouverture des salles de classe.

Dans plusieurs quartiers de Kamisimbi, les écoles sont restées portes closes, les tableaux vides et les bancs désertés. Cette interruption soudaine de la scolarité vient fragiliser davantage un calendrier scolaire déjà perturbé par l’insécurité récurrente dans la région. Pour de nombreux élèves, chaque jour sans école éloigne un peu plus l’espoir d’un apprentissage normal et continu.

La situation a également poussé certaines familles à se déplacer vers des zones supposées plus sûres, notamment à Kabungu, Kalangwe, Ciragabwa et Nyantende, en territoire de Kabare. Ces déplacements désorganisent encore davantage le suivi scolaire des enfants contraints de quitter leurs écoles sans savoir quand ils pourront reprendre les cours.

Parents et enseignants expriment une profonde inquiétude. « Nos enfants veulent apprendre, mais comment étudier quand les armes parlent plus fort que les cahiers ? », s’interroge un parent rencontré sur place. Pour les acteurs du secteur éducatif, la persistance de l’insécurité constitue une menace directe pour l’avenir scolaire de toute une génération.

Cette nouvelle perturbation intervient pourtant dans un contexte où des engagements politiques en faveur du cessez-le-feu et de la paix ont récemment été réaffirmés au niveau international. Sur le terrain, cependant, la réalité reste tout autre pour les élèves de Kamisimbi, dont le droit fondamental à l’éducation continue d’être suspendu au rythme des affrontements armés.

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