L’effondrement du pont Bimahamba, dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu, plonge les populations de Ziralo et de Hombo Sud dans une situation de plus en plus préoccupante.
L’isolement des villages, les difficultés d’approvisionnement et la paralysie des échanges avec le territoire voisin de Kalehe, au Sud-Kivu, aggravent les conditions de vie de milliers de familles déjà fragilisées.
Dans les localités de Ziralo et de Hombo Sud, le quotidien est devenu un véritable parcours du combattant depuis la rupture du pont Bimahamba. Cet ouvrage constituait l’un des principaux points de passage reliant plusieurs communautés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Sa destruction a brusquement interrompu les mouvements des personnes et des biens, laissant de nombreux habitants confrontés à des difficultés grandissantes.
Les premières victimes de cette situation sont les familles qui dépendent du commerce et de l’agriculture pour leur survie. Les produits agricoles peinent désormais à atteindre les marchés habituels, privant de nombreux ménages de leurs revenus. « Nous ne savons plus comment vendre nos récoltes. Chaque semaine qui passe nous rapproche davantage de la pauvreté », témoigne un cultivateur de Ziralo, inquiet pour l’avenir de ses enfants.
L’enclavement croissant affecte également l’accès aux services essentiels. Dans plusieurs villages, les habitants éprouvent des difficultés à se déplacer pour rejoindre des centres de santé, des écoles ou des marchés. « Lorsqu’une personne tombe malade, il faut désormais chercher des itinéraires plus longs et plus coûteux. Cela devient très compliqué pour les familles modestes », explique une mère de famille de Hombo Sud.
Au-delà des difficultés économiques, les acteurs communautaires redoutent une aggravation de la vulnérabilité sociale. La hausse des coûts de transport et la raréfaction de certains produits de première nécessité pèsent lourdement sur les ménages. « Cette situation touche particulièrement les personnes âgées, les femmes et les enfants. Beaucoup se sentent abandonnés », déplore un notable local.
Face à cette détresse, les appels à l’intervention se multiplient. Isaya Benjamin, président de la société civile sous noyau de Bunyakiri, estime que la réhabilitation du pont constitue une priorité urgente. Selon lui, cette infrastructure représente un maillon essentiel pour la vie de milliers de personnes vivant de part et d’autre de cet axe stratégique reliant Walikale et Kalehe.
Pour les habitants de Ziralo et de Hombo Sud, la reconstruction du pont Bimahamba est désormais synonyme d’espoir. Elle permettrait non seulement de rétablir les échanges économiques, mais aussi de soulager les souffrances quotidiennes des populations. En attendant une réponse concrète des autorités compétentes, des milliers de familles continuent de faire face aux conséquences d’un isolement qui menace progressivement leur bien-être et leurs moyens de subsistance.


