Les autorités sanitaires ont installé un site de chloration d’eau à Irhangira, dans le sous-village de Kadjucu, groupement d’Irambi-Katana, en territoire de Kabare. Cette intervention vise à améliorer l’accès à une eau potable et à limiter la propagation du choléra qui continue de toucher plusieurs communautés du Sud-Kivu.
L’installation de ce dispositif intervient alors que la zone de santé de Katana a enregistré 17 nouveaux cas de choléra au cours de la semaine épidémiologique allant du 29 juin au 4 juillet 2026, faisant d’elle la troisième zone de santé la plus affectée de la province durant cette période.
Le Défenseur des droits humains (DDH), Henoc Naceye, basé à Katana, salue cette initiative qu’il considère comme une réponse importante pour interrompre la chaîne de transmission de la maladie. Selon lui, les premiers effets commencent déjà à se faire sentir, même si des cas continuent d’être enregistrés dans certaines localités.
« La situation épidémiologique à Kadjucu évolue lentement, car des cas sont encore signalés à Irhangira, Kadjucu et Bigohwa. Les patients sont transférés vers la FOMULAC pour leur prise en charge. Nous remercions la zone de santé de Katana qui a installé un site de chloration d’eau à Irhangira afin de limiter la transmission du choléra », explique-t-il.
Toutefois, les défis restent importants. Le médecin-chef de la zone de santé de Kasheke, Dr. Benjamin Kaharamba, indique que plusieurs malades issus des aires de santé d’Ihimbi, Mabingu et Kadjucu sont orientés vers l’hôpital de Kasheke, situé dans le territoire voisin de Kalehe, plutôt que vers le centre de traitement de la FOMULAC, jugé plus éloigné.
Selon lui, cette situation s’explique principalement par les difficultés d’accès aux soins, le manque d’eau potable et le non-respect des mesures d’hygiène dans plusieurs villages.
« Nous recevons régulièrement des malades provenant de ces aires de santé. Beaucoup préfèrent venir à Kasheke parce que le trajet est plus court que celui menant à la FOMULAC. La principale cause demeure l’insuffisance d’eau potable à Kadjucu, à laquelle s’ajoute le faible respect des règles d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains », souligne le Dr Kaharamba.
A l’échelle provinciale, la Direction provinciale de la santé (DPS) indique que 25 zones de santé sont affectées par le choléra depuis le début de l’année 2026. Selon le Dr Claude Bahizire, chargé de communication de la DPS, plus de 7 200 cas ont été notifiés depuis janvier.
Pour la semaine du 29 juin au 4 juillet 2026, la province est passée de 192 à 223 cas, avec un décès enregistré. Les zones de santé les plus touchées sont Ibanda avec 68 cas, suivie d’Idjwi avec 30 cas et de Katana avec 17 cas.
Le Dr Claude Bahizire rappelle que les décès liés au choléra surviennent souvent chez les patients qui consultent tardivement les structures sanitaires.
« Nous appelons toute la population à se rendre rapidement dans la structure de santé la plus proche dès l’apparition des premiers symptômes afin de bénéficier d’une prise en charge précoce », insiste-t-il.
Malgré cette situation préoccupante, les autorités sanitaires soulignent qu’aucun décès dû au choléra n’a été enregistré dans la zone de santé de Katana depuis le début de l’année, bien que plus de 470 cas y aient déjà été recensés.
Les professionnels de santé rappellent que l’accès à l’eau potable, le lavage régulier des mains au savon, le traitement de l’eau de consommation, l’utilisation de latrines hygiéniques et la consultation précoce des structures sanitaires demeurent les principales mesures de prévention contre le choléra.
Par ailleurs, les autorités provinciales annoncent le lancement officiel, le 14 juillet 2026, de la campagne de vaccination contre la poliomyélite, la rougeole et la rubéole. Les activités de vaccination se dérouleront du 15 au 19 juillet dans l’ensemble des zones de santé du Sud-Kivu.


