La procureure de la République près le Tribunal de grande instance de Kisangani, Tina Wambila Makila, a échangé pendant plus de trois heures avec les officiers de police judiciaire (OPJ) issus des différents détachements des six communes de la ville.
Cette rencontre, organisée ce jeudi 15 octobre 2026 à l’espace culturel Ngoma, a été consacrée au renforcement de la discipline professionnelle, au respect des procédures judiciaires et à l’amélioration de la qualité des enquêtes.
Au cours de cette séance de travail, la magistrate a insisté sur le respect du délai légal de garde à vue de 48 heures, l’impartialité dans le traitement des dossiers, l’approfondissement des enquêtes et la protection des personnes détenues.
« Le délai de 48 heures doit être respecté, rester neutre, approfondir les enquêtes et veiller à ce que les présumés coupables ne décèdent pas dans les cachots et les amigots », a martelé Tina Wambila Makila, appelant les OPJ à faire preuve de professionnalisme dans l’exercice de leurs fonctions.
Des procès-verbaux rigoureux et des enquêtes approfondies
La procureure de la République a également exhorté les officiers de police judiciaire à lutter contre l’impunité en veillant à la qualité des procès-verbaux (PV), à la collecte des éléments de preuve et à la précision des faits rapportés.
Elle a notamment dénoncé l’établissement de procès-verbaux incomplets, superficiels ou insuffisamment documentés, rappelant que chaque dossier doit faire l’objet d’un examen sérieux et approfondi.
La magistrate a, par ailleurs, insisté sur le caractère individuel de l’infraction et sur la nécessité d’interroger suffisamment les victimes afin de recueillir des déclarations détaillées permettant de mieux comprendre les circonstances des faits.
Pour elle, le travail des OPJ doit reposer sur la neutralité, la rigueur et le respect des règles de procédure, loin de toute considération personnelle ou financière.

Tolérance zéro face aux abus et à l’indiscipline
Dans un ton ferme, Tina Wambila Makila a mis en garde les OPJ contre les instructions négociables, les paiements précipités d’amendes et les arrestations motivées par des sentiments personnels ou des intérêts financiers.
Elle a également prévenu que les agents qui se rendraient coupables de manquements professionnels s’exposeraient à des sanctions, pouvant aller jusqu’au retrait de leurs fonctions et à leur arrestation, selon la nature des faits et les procédures applicables.
La procureure a, en outre, appelé à une gestion responsable des dossiers de violences sexuelles, soulignant l’importance d’un traitement sérieux des plaintes et de la vérification rigoureuse des faits, sans banaliser les accusations ni procéder à des arrestations arbitraires.
« Nous voulons voir le changement au sein de l’appareil judiciaire. Faites correctement votre travail, soyez neutres et luttez contre le banditisme », a-t-elle insisté devant les participants.
Les préoccupations des OPJ prises en compte
Au cours des échanges, plusieurs officiers de police judiciaire ont eu l’occasion de présenter les difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs missions et de soumettre leurs préoccupations à la magistrate.
Tina Wambila Makila a indiqué avoir pris bonne note de ces différentes interventions, tout en réaffirmant sa volonté de voir évoluer les pratiques professionnelles au sein des services judiciaires de Kisangani.
Cette démarche s’inscrit, selon ses propos, dans la dynamique de changement prônée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Une initiative appelée à se poursuivre
Présentée comme une première dans cette démarche de concertation avec les OPJ de la ville, cette rencontre ne devrait pas être la dernière. La procureure a annoncé son intention de renouveler ce type d’échanges périodiquement afin d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les difficultés persistantes et de renforcer la collaboration entre les acteurs de la chaîne pénale.
La séance s’est déroulée en présence du secrétaire divisionnaire, Jean Marie Ndjoly Efondo, ainsi que des membres du cabinet du parquet près le Tribunal de grande instance de Kisangani.
A travers cette initiative, Tina Wambila Makila entend promouvoir une pratique policière et judiciaire fondée sur la légalité, la responsabilité, l’impartialité et la qualité des enquêtes, dans l’objectif de contribuer à la lutte contre l’impunité et à la réduction du banditisme dans la ville de Kisangani.
Augustin Tsheza


