Un mois après la déclaration de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola par le ministre de la Santé, l’Institut National de Santé Publique (INSP), à travers son Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP), a procédé à une revue stratégique de la riposte afin d’évaluer les résultats obtenus, d’identifier les défis persistants et de réorienter les interventions sur le terrain.
Selon le coordonnateur des opérations de riposte en Ituri, le Dr Adelar Lufongola, cet exercice permet de mesurer les progrès accomplis depuis le lancement de la réponse et de définir les actions prioritaires pour améliorer l’efficacité des interventions.
L’épidémie est survenue dans un contexte particulièrement difficile, marqué notamment par les conflits, une forte mobilité des populations ainsi qu’une faible adhésion communautaire, alimentée par les rumeurs et l’infodémie.
Malgré ces contraintes, plusieurs avancées majeures ont été enregistrées au cours du premier mois de riposte. Parmi elles figurent l’activation du Système de Gestion des Incidents (SGI) au niveau national et dans six provinces, la mobilisation des ressources à travers un plan stratégique estimé à plus de 200 millions de dollars, ainsi que le renforcement des capacités d’investigation, dont le taux de performance est passé de 23 % à près de 90 %.
La riposte a également permis le déploiement de laboratoires mobiles assurant désormais l’analyse de l’ensemble des échantillons, l’installation de 400 lits dans les Centres de Traitement Ebola, le renforcement des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les structures sanitaires, ainsi qu’une implication accrue des leaders communautaires, religieux et des organisations locales. Une assistance nutritionnelle a par ailleurs été mise en place au bénéfice des patients et des ménages affectés.
Toutefois, plusieurs défis demeurent. Les équipes de riposte font face à une augmentation du nombre de cas liée à l’intensification de la recherche active, à la saturation progressive des Centres de Traitement Ebola, à la persistance de certaines pratiques communautaires à risque, ainsi qu’à des insuffisances logistiques et à une répartition inégale des partenaires sur le terrain.
Pour le Dr Adelar Lufongola, cette évaluation constitue une étape essentielle pour adapter continuellement la stratégie de riposte à l’évolution de l’épidémie.
« Les capacités, l’expérience et la volonté existent. Ce qui importe aujourd’hui, c’est d’agir ensemble et de manière coordonnée pour relever les défis qui subsistent », a-t-il déclaré.
Cette revue stratégique traduit la volonté des autorités sanitaires et de leurs partenaires de maintenir une riposte flexible et efficace, capable de s’adapter en permanence afin d’interrompre les chaînes de transmission et de protéger durablement les communautés exposées.


