Les peuples autochtones pygmées de plusieurs territoires du Sud-Kivu alertent sur la détérioration de leurs conditions de vie depuis l’intensification de la crise sécuritaire dans la province.
A Kamanyola, Kalonge et Bukavu, ils dénoncent les difficultés d’accès aux soins de santé, à l’alimentation, aux abris ainsi qu’à l’assistance humanitaire.
Dans la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu, la communauté pygmée éprouve d’énormes difficultés pour accéder aux soins de santé de première nécessité. Selon Anonciata Agathe, représentante de cette communauté, la crise sécuritaire a profondément perturbé leur principale source de revenus : la poterie.
Elle explique que les artisans ne parviennent plus à exercer cette activité, faute de matières premières et de débouchés commerciaux. Cette situation prive de nombreuses familles de leurs revenus et compromet leur capacité à se soigner et à répondre à leurs besoins essentiels.
A Kalonge, dans le territoire de Kalehe, les peuples autochtones pygmées affirment, également, vivre dans des conditions particulièrement précaires. Selon plusieurs membres de cette communauté, les affrontements armés ont aggravé leur vulnérabilité.
Ils indiquent manquer de nourriture, d’abris et éprouver de grandes difficultés pour accéder aux soins de santé de qualité. Ils affirment qu’aucune assistance humanitaire ne leur est parvenue depuis le début de l’escalade des conflits armés, alors qu’ils se considèrent parmi les populations les plus exposées aux conséquences de la crise.
Ils sollicitent une assistance urgente en vivres, en biens non alimentaires ainsi qu’un meilleur accès aux soins de santé primaires.
Pour Espérance Nyota, présidente de l’Union pour l’Émancipation des Femmes Autochtones (UEFA), l’amélioration durable des conditions de vie des peuples autochtones passe avant tout par le retour de la paix et un accompagnement humanitaire adapté.
Elle explique que l’insécurité grandissante contraint de nombreuses familles pygmées à quitter la forêt pour s’installer à proximité d’autres communautés, bouleversant ainsi leur mode de vie traditionnel et accentuant leur précarité.
Selon elle, ces communautés sont confrontées à de multiples défis, notamment la malnutrition, les violences sexuelles, les accusations de toutes sortes, les déplacements forcés et un accès très limité à l’assistance humanitaire.
Elle appelle les partenaires humanitaires à mettre en place une réponse spécifique en faveur des peuples autochtones, comprenant une assistance d’urgence en vivres et en biens non alimentaires, l’accès aux soins de santé, ainsi que des actions en faveur du rétablissement de la paix.


