L’application numérique « Cancare», utilisée lors des récentes journées de vaccination contre la poliomyélite dans la province du Haut-Uele, pour l’enregistrement et la gestion des données, couplée à des solutions de paiement mobile, n’a pas entièrement satisfait les relais communautaires. Plusieurs d’entre eux dénoncent des retards persistants dans le paiement de leurs prestations.
Pourtant, cet outil technologique a grandement facilité la collecte et la transmission des données en temps réel, contribuant de manière significative au succès de la campagne. Initialement, les autorités sanitaires prévoyaient de vacciner 575 724 enfants âgés de 0 à 5 ans. Au final, 598 664 enfants ont été atteints, soit un taux de couverture de 104 %. Les opérations de ratissage se poursuivent notamment dans la zone de Wamba, où affluent des familles déplacées fuyant les violences en Ituri.
Si l’application a démontré son efficacité dans la gestion des données, des difficultés persistent en ce qui concerne la rémunération des acteurs de terrain. C’est ce qu’a indiqué Micheline Lirizoyo, infirmière titulaire de l’aire de santé de Tely.
« C’est la première fois dans notre zone de santé que nous menons une campagne avec l’utilisation des téléphones. Nous avons utilisé l’application Cancare. Mais jusqu’à ce jour, soit quatre jours après la campagne, les acteurs ne sont toujours pas payés », a-t-elle déploré.
Selon elle, ces retards s’expliquent notamment par des lenteurs dans la validation des données au niveau de la zone de santé, ce qui freine le processus de paiement des prestataires.
Il convient de souligner que l’aire de santé de Tely a également été confrontée à d’importantes contraintes logistiques. Sur les 14 mobilisateurs communautaires déployés, les moyens de communication étaient insuffisants, notamment en mégaphones. L’équipe locale a ainsi dû prendre en charge certains besoins essentiels, comme l’achat de piles et d’autres accessoires, afin d’assurer la poursuite des activités de sensibilisation de proximité.

Mêmes contraintes liées à la motivation dans le centre de santé de Kulo, situé dans le village de Mamine, à une trentaine de kilomètres de la ville d’Isiro.
« A ce jour, plusieurs acteurs n’ont pas encore reçu leur rémunération, notamment en raison du passage au paiement électronique », a déploré Martin Mazinga, infirmier titulaire, pendant que sur la véranda du centre de santé, plusieurs femmes accompagnées de leurs nourrissons attendaient la vaccination.
« Le travail que nous faisons est difficile. Nous demandons une bonne motivation », a confié Mme Charlotte Ikesenge, vaccinatrice, continuant d’attendre sa motivation.