Kinshasa accueille, pendant dix jours, un atelier national de formation des formateurs sur le Protocole national de prévention et de prise en charge de la malnutrition aiguë (PPCMA), édition 2026. Financée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette session réunit 45 experts venus de différentes provinces de la République démocratique du Congo ainsi que de plusieurs pays de la région Afrique.
L’objectif de cette formation est de renforcer le vivier national des formateurs qui seront chargés d’accompagner les provinces dans la mise en œuvre harmonisée des directives nationales de prévention et de prise en charge de la malnutrition aiguë, conformément aux recommandations actualisées de l’OMS, édition 2026.
S’exprimant à l’ouverture des travaux, le Directeur général du Programme national de nutrition (Pronanut), Bruno Bindama, a souligné que cette nouvelle édition du protocole intègre plusieurs innovations destinées à améliorer la qualité des interventions nutritionnelles dans le pays.
« Cette édition du protocole nous permettra de diffuser les innovations introduites dans les protocoles nationaux révisés, notamment les adaptations thérapeutiques et les nouvelles approches de prise en charge de la malnutrition, afin d’améliorer la pertinence, la qualité et l’efficacité des interventions nutritionnelles sur l’ensemble du territoire national », a-t-il déclaré.
S’adressant aux participants, il les a exhortés à tirer pleinement profit de cette formation. C’était en ces mots: » Je vous invite à faire preuve d’assiduité, de discipline et d’une participation active afin que les acquis de cette formation soient efficacement transférés lors des formations provinciales et contribuent durablement à l’amélioration de la qualité des services nutritionnels », a insisté le Directeur du Pronanut.
Prenant la parole à son tour, le Représentant adjoint de l’OMS en RDC, Dr Patrick Abok, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le Gouvernement congolais dans le renforcement des soins nutritionnels.
« Cet atelier constitue une étape décisive dans la mise en œuvre des directives nationales de prévention et de prise en charge de la malnutrition. Je voudrais réaffirmer l’engagement de l’OMS à continuer de soutenir les efforts du Gouvernement congolais pour améliorer les soins nutritionnels et renforcer les capacités des professionnels de santé », a-t-il déclaré.
Pour les participants, cette formation représente une opportunité importante de renforcer les compétences des prestataires de santé et d’harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire national.
La pédiatre Dr Izia Sylvie, de l’Hôpital pédiatrique de Kalembe-Lemba, s’est réjouie de cette initiative.
« Cette formation des formateurs est une excellente opportunité. Elle permettra que tous les enfants de la RDC soient pris en charge selon les mêmes standards de qualité, quel que soit leur lieu de résidence », a-t-elle affirmé, tout en souhaitant que les ressources nécessaires soient mobilisées pour assurer la mise en œuvre effective des nouvelles orientations.
Lançant officiellement les travaux, le Directeur de cabinet du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Romain Muboyayi, a rappelé que cette activité dépasse largement le cadre d’une simple formation.
« Elle constitue une réponse nationale à une urgence morale, sanitaire et humaine. Elle traduit notre volonté collective de renforcer les compétences de nos prestataires, d’améliorer les performances de notre système de santé et de sauver des vies à travers toute la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.
L’atelier réunit des infirmiers, pédiatres, nutritionnistes, médecins cliniciens, spécialistes de santé publique, nutritionnistes cliniciens et diététiciens. Selon l’approche pédagogique retenue, les cinq premiers jours sont consacrés aux enseignements théoriques, tandis que les cinq suivants seront dédiés aux exercices pratiques afin de consolider les compétences acquises.
A l’issue de cette formation, les participants devront être capables de transmettre les nouvelles directives nationales, de partager leurs expériences de terrain et de renforcer durablement les capacités des prestataires de santé dans toutes les provinces.
Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement préoccupant de guerre pour la République démocratique du Congo, où la malnutrition demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les enfants. La situation est aggravée par les crises humanitaires récurrentes, les déplacements de populations, les catastrophes naturelles ainsi que les épidémies, qui fragilisent davantage les ménages et limitent l’accès aux services de santé et de nutrition.
Outre l’OMS, plusieurs partenaires techniques et financiers soutiennent cette initiative, notamment le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) ainsi que d’autres organisations engagées dans la lutte contre la malnutrition en République démocratique du Congo.


