La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola demeure préoccupante dans la province de la Tshopo. Le nombre de cas confirmés est passé de 15 à 19 en l’espace de deux jours, dont six personnes déjà guéries.
Ce bilan a été communiqué lors de la dernière réunion tenue dans la salle du ministère provincial de la Santé. Le Dr Raymond Mbaya, chargé des opérations par intérim, a indiqué que deux nouveaux cas avaient été enregistrés au cours des 48 heures.
A ce jour, la maladie est signalée dans sept zones de santé et 16 aires de santé. Sur les 19 cas confirmés, 11 personnes sont actuellement en vie, tandis que six ont été déclarées guéries. Deux personnels de première ligne figurent également parmi les personnes infectées. L’un d’eux évolue favorablement et devrait prochainement quitter le Centre de traitement Ebola (CTE).
Dix patients sont actuellement pris en charge au CTE. Les équipes de riposte poursuivent les investigations autour des nouveaux cas afin d’identifier les contacts à haut risque et de prévenir de nouvelles contaminations.
La vaccination des agents de santé se poursuit
La campagne de vaccination des personnels de santé, lancée jeudi 27 août 2026 par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba Mulumba, a également débuté.
Selon les données présentées lors de la réunion, 122 agents de santé, dont 58 femmes, ont déjà reçu le vaccin contre Ebola. Des opérations de désinfection ont par ailleurs été conduites dans plusieurs établissements de santé ainsi que dans des ménages concernés.
Pour le ministre provincial de la Santé, Dr Simon Bokongo Kawaya, la riposte ne doit cependant pas se limiter aux structures médicales.
L’implication des communautés demeure indispensable pour détecter rapidement les cas suspects, faciliter leur orientation vers les structures appropriées et limiter les risques de transmission.
Bafwasende, le « trou noir » de la riposte
Le territoire de Bafwasende constitue aujourd’hui l’une des principales préoccupations des autorités sanitaires. Le ministre provincial de la Santé l’a qualifié de « trou noir de la réponse », faisant notamment référence aux mouvements de population en provenance des zones affectées et aux difficultés rencontrées par les équipes pour maintenir une présence efficace sur le terrain.
Une mission doit être déployée dans ce territoire afin de renforcer les activités de riposte et de réactiver le travail communautaire. Les autorités envisagent notamment de renforcer la sous-coordination et de mobiliser davantage les acteurs locaux dans la sensibilisation, la surveillance et l’alerte précoce.
La circulation fluviale sous surveillance
La circulation des personnes par voie fluviale constitue également un défi majeur pour les équipes de riposte. Le ministre provincial a dénoncé des écarts importants entre les manifestes déclarés et le nombre réel de passagers à bord de certaines embarcations.
Il a notamment évoqué des situations où un manifeste faisant état de 200 passagers pourrait, en réalité, correspondre à près de 900 personnes à bord. Une telle situation complique considérablement le suivi des mouvements de population et la recherche des contacts.
Face à ce problème, les autorités envisagent le déploiement d’unités disposant de moyens rapides au niveau de l’île Bertha. Leur mission serait notamment de vérifier les passagers et de confronter les effectifs réels aux données inscrites sur les manifestes.

La sécurité des équipes au centre des préoccupations
La protection des agents engagés dans la riposte reste également une priorité. Simon Bokongo a appelé les services de sécurité à mieux protéger les intervenants ainsi que leurs équipements, tout en insistant sur le respect des droits humains.
Les autorités lancent, à cet effet, un appel pressant aux responsables politico-administratifs, militaires et civils pour accompagner les personnels soignants lors des activités de sensibilisation, particulièrement dans les milieux ruraux, afin de garantir leur sécurité et de faciliter leur travail.
Les structures sanitaires privées également concernées
Autre point de vigilance : les établissements sanitaires privés; certaines personnes malades pourraient y être prises en charge tardivement avant d’être orientées vers les services spécialisés. Cette situation expose potentiellement le personnel soignant, les autres patients et les accompagnateurs à un risque accru de contamination.
Les autorités sanitaires souhaitent donc renforcer la sensibilisation auprès des structures privées afin d’améliorer la détection précoce et la notification des cas suspects.
La vigilance communautaire reste indispensable
Avec 19 cas confirmés, dont deux parmi les personnels de première ligne, la riposte contre Ebola en Tshopo entre dans une phase qui exige une coordination renforcée entre les autorités, les services de santé, les forces de sécurité et les communautés.
La situation à Bafwasende, le contrôle des mouvements de population, la protection des équipes de riposte et l’implication des communautés figurent désormais parmi les principales priorités pour freiner la propagation de la maladie.
En effet , les autorités sanitaires appellent enfin la population à respecter strictement les mesures de prévention et les gestes barrières recommandés par les professionnels de santé.
La vigilance de chacun, l’alerte rapide en cas de symptômes suspects et la collaboration avec les équipes de riposte restent essentielles pour contribuer à stopper cette épidémie meurtrière.

L’NSP insiste sur le respect des mesures barrières
L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :
✅ Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utilisez une solution hydroalcoolique ;
✅ Évitez tout contact avec une personne présentant des signes suspects de MVE ;
✅ En cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête, vomissements, diarrhée, saignements ou douleurs musculaires, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche ou composez le *151#.
🔎 La vigilance et la prévention sauvent des vies.
Augustin Tsheza


