La riposte contre la maladie à virus Ebola se renforce dans la province de la Tshopo. Un nouveau centre de traitement Ebola (CTE), d’une capacité de 42 lits, a été officiellement mis en service ce jeudi 10 septembre dans le quartier Météo, à Kisangani. Cette nouvelle structure vient remplacer le centre provisoire installé à l’Hôpital du Cinquantenaire.
Mieux équipé et conçu pour améliorer la prise en charge des malades, le nouveau CTE dispose de 22 lits réservés aux cas confirmés et de 20 lits destinés aux personnes en attente des résultats de laboratoire. Son implantation dans une zone relativement excentrée vise également à limiter les risques liés à la forte fréquentation et à renforcer la sécurité du site.
La cérémonie d’inauguration a réuni les responsables de la Division provinciale de la santé (DPS), Médecins Sans Frontières (MSF), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ainsi que plusieurs autres partenaires de la riposte, en collaboration avec le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, l’Institut national de santé publique (INSP) et les autorités provinciales.
Les leaders communautaires appelés à s’impliquer
Au-delà des moyens médicaux, les autorités insistent sur l’importance de l’adhésion de la population. Le ministre provincial de la Santé, Dr Simon Bokongo Kawaya, a appelé les leaders communautaires, religieux et d’opinion à intensifier la sensibilisation afin de favoriser l’appropriation du CTE par la population.
« Nous appelons les leaders à sensibiliser la population pour lui expliquer que ce CTE lui appartient et qu’elle doit abandonner certaines attitudes qui ne sont pas favorables pendant une épidémie, notamment le déni, la résistance et l’agressivité vis-à-vis des prestataires de la riposte », a-t-il déclaré.
Pour le ministre provincial de la Santé, Kisangani, considérée comme une ville à forte influence intellectuelle et religieuse, dispose de relais importants pour transmettre les messages de prévention et de lutte contre Ebola.
« Kisangani est une ville intellectuelle, où il y a de grandes églises. Nous avons appelé les leaders pour qu’on puisse sensibiliser la population. Ce CTE leur appartient », a expliqué Dr Simon Bokongo Kawaya, estimant que l’implication de la communauté contribuera également à la protection du centre.
Un dispositif sécuritaire prévu
Les autorités provinciales ont également pris des dispositions pour prévenir d’éventuels actes d’agression ou de vandalisme contre le centre. Selon le ministre provincial de l’Intérieur, Bayaka Asumani, un dispositif associant les forces de police et de défense est prêt à intervenir en cas de nécessité.
Le choix d’implanter le CTE dans une zone éloignée des grands axes de fréquentation répond notamment à cette volonté de préserver la sécurité du personnel, des patients et des infrastructures.
24 cas confirmés et 10 décès à la Tshopo
Sur le plan épidémiologique, la province de la Tshopo compte désormais 24 cas confirmés d’Ebola, ayant causé 10 décès. Deux patients ont toutefois été déclarés guéris et libérés mercredi, après avoir obtenu des résultats cliniques et biologiques favorables.
Au niveau national, l’épidémie, liée au virus Ebola de type Bundibugyo, continue de mobiliser les autorités sanitaires et leurs partenaires. Les chiffres communiqués lors de l’activité font état de plus de 6 700 cas et plus de 3 200 décès depuis le début de l’épidémie.
La mise en service de ce nouveau CTE constitue ainsi une étape supplémentaire dans la réponse sanitaire à Kisangani. Mais pour les autorités, l’efficacité de la riposte dépendra autant des capacités médicales que de la confiance et de la participation active de la communauté.

L’NSP insiste sur le respect des mesures barrières
L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :
Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utilisez une solution hydroalcoolique ;
Évitez tout contact avec une personne présentant des signes suspects de MVE ;
En cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête, vomissements, diarrhée, saignements ou douleurs musculaires, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche ou composez le *151#.
La vigilance et la prévention sauvent des vies.
Augustin Tsheza


