Au terme de deux journées d’atelier national consacrées au partage des bonnes pratiques, les trois Associations de professionnels de la santé (APS) participantes ont formulé plusieurs recommandations visant à consolider les acquis de quatre années de mise en œuvre du projet d’appui, financé par la Fondation Gates et mis en œuvre par l’ONG internationale ENDA Santé. Ces recommandations devraient également servir de base aux prochaines actions de plaidoyer.
L’atelier a permis aux différentes organisations impliquées de revenir sur les activités réalisées, d’identifier les résultats obtenus et de dégager les principales leçons apprises.
S’exprimant à cet effet, le point focal d’ENDA Santé a fait savoir que cette deuxième journée avait été essentiellement consacrée à la finalisation de cet exercice et à la formulation des recommandations.
« Ce que nous retenons aujourd’hui, c’est que nous avons commencé ce travail hier sous forme d’exercices, où nous devions lister toutes les activités et voir tout ce que nous avons réalisé. Aujourd’hui, il était question de finaliser ce travail et surtout d’aller dans le sens des recommandations qui seront traduites en plaidoyer », a expliqué Bogol Mbope, visiblement très ému de cette activité, déroulée dans une ambiance pédagogique.
Les recommandations issues de ces travaux devraient servir de feuille de route pour les prochaines actions de plaidoyer auprès des décideurs et des différentes parties prenantes.
Elles devraient également contribuer à la préparation de l’atelier de clôture du projet, prévu en octobre prochain à Dakar, au Sénégal. Cette rencontre permettra aux différentes organisations engagées dans le projet de présenter les résultats obtenus, les réalisations ainsi que les enseignements tirés de quatre années d’activités.
Les micronutriments multiples au cœur du plaidoyer
Parmi les principales recommandations figure la poursuite du processus d’inscription des micronutriments multiples (MMS) sur la liste des médicaments essentiels.
Déjà engagé, ce processus doit être finalisé afin de favoriser une meilleure intégration des MMS dans les interventions nutritionnelles et de faciliter leur disponibilité dans les structures de santé.
Pour l’Association des nutritionnistes et diététiciens du Congo (ANUDICO) et l’ensemble des participants, la reconnaissance des MMS dans les politiques et outils nationaux constitue un enjeu important pour renforcer les interventions en faveur de la santé maternelle et infantile.

Plaidoyer pour une meilleure affectation des sages-femmes
La question de l’affectation des sages-femmes dans les maternités qui en ont le plus besoin a également occupé une place importante dans les échanges.
A cet effet, les participants ont recommandé la poursuite du plaidoyer auprès des autorités afin de favoriser une répartition plus équitable de ces professionnelles dans les structures de santé.
Soulignons que cette démarche avait déjà fait l’objet d’un engagement du ministre de la Santé auprès du secrétaire général à la Santé.
La Société congolaise de la pratique des sages-femmes (SCOSAF) entend désormais assurer le suivi de cet engagement.
Stabiliser le personnel formé à la vaccination
Autre préoccupation soulevée au cours des travaux : la mobilité du personnel infirmier formé aux activités de vaccination.
Les changements et permutations fréquents dans certaines structures de santé peuvent, selon les participants, entraîner l’affectation d’agents qui ne disposent pas toujours d’une formation suffisante en matière de vaccination.
Ainsi, pour y remédier, les participants estiment important que les documents normatifs existants soient davantage appliqués, notamment ceux qui encadrent la gestion et l’affectation du personnel infirmier dans les structures de santé.
« L’objectif est notamment de préserver les compétences acquises grâce aux formations et d’assurer une meilleure continuité des activités de vaccination dans les structures de santé », a indiqué Mme Caroline Phauti, vice-présidente de l’ONIC.
Saluant le bon déroulement des travaux, la chargée de la nutrition et de la lutte contre les carences en micronutriments au Programme national de nutrition (PRONANUT) est revenue sur les travaux en groupes, organisés selon les APS, autour des actions de plaidoyer menées au cours du projet.
« Nous avons travaillé sur les plaidoyers auprès des décideurs ainsi que des différentes parties prenantes, notamment les partenaires techniques et financiers. Chaque groupe a ainsi présenté les actions réalisées, les outils élaborés ainsi que les principales recommandations issues du projet. Ces échanges ont également permis de mettre en évidence les difficultés rencontrées, mais surtout les acquis enregistrés au cours de la mise en œuvre », a expliqué Mme Germaine Mbujibungi, chef de service chargée de la lutte contre les carences en micronutriments.
Prévu sur deux jours, du 9 au 10 septembre 2026, cet atelier a constitué une étape importante dans le processus de clôture du projet. Il a offert aux associations participantes l’occasion de consolider les acquis enregistrés au cours de quatre années et de réfléchir aux mécanismes susceptibles d’en assurer la pérennisation et la mise à l’échelle.
Ces travaux ont bénéficié de l’accompagnement du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, à travers le Programme élargi de vaccination (PEV) et le Programme national de nutrition (PRONANUT).


