Le gouvernement congolais appelle au respect des principes fondamentaux de l’Etat de droit dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours en Belgique, tout en soulignant la nécessité de préserver les relations stratégiques entre Kinshasa et Bruxelles, à la suite d’une série de perquisitions menées par la justice belge chez des proches du chef de l’Etat congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
S’exprimant sur cette affaire lors d’un briefing coanimé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le ministre d’Etat, ministre de la Justice, a rappelé que toute personne concernée par une procédure judiciaire doit bénéficier des garanties prévues par la loi.
« La présomption d’innocence, le respect des droits de la défense et la garantie d’une procédure équitable sont des principes fondamentaux de l’Etat de droit et doivent être respectés en toute circonstance », a souligné le ministre d’Etat, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa.
Des préoccupations concernant les conditions de la procédure
Le gouvernement congolais s’interroge notamment sur les conditions dans lesquelles certaines perquisitions ont été menées, au regard des droits des personnes concernées. Il estime toutefois qu’il appartient aux autorités judiciaires belges compétentes d’examiner ces questions conformément à leur législation.
Kinshasa affirme ainsi attendre que toutes les garanties légales soient respectées, sans préjuger des conclusions de la justice belge.
Cependant, l’ampleur de la médiatisation de cette affaire suscite également des préoccupations. Pour le Conseiller juridique du Gouvernement congolais, une plainte ou une procédure judiciaire ne constitue pas, à elle seule, une preuve de culpabilité. C’était avant de mettre en garde contre les jugements prématurés susceptibles de porter atteinte à la présomption d’innocence.
Préserver les relations stratégiques entre Kinshasa et Bruxelles
Au-delà de la dimension judiciaire, cette affaire soulève également la question de ses répercussions diplomatiques. Le gouvernement congolais insiste sur la nécessité de distinguer les procédures judiciaires des relations entre Etats, afin de préserver les rapports stratégiques entre la RDC et le Royaume de Belgique.
L’objectif, selon le ministre d’Etat, ministre de la Justice, est de permettre à la justice belge de poursuivre son travail en toute indépendance, sans pression politique ou médiatique, tout en maintenant le dialogue entre les deux pays.
Un appel à une communication institutionnelle responsable
Soutenu par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, le ministre d’Etat, ministre de la Justice, a enfin insisté sur la nécessité de traiter les questions judiciaires sensibles dans un cadre institutionnel approprié, plutôt que de laisser les débats se développer principalement sur les réseaux sociaux.
Cette mise au point vise à rappeler que la communication autour d’une affaire judiciaire doit préserver les droits des personnes concernées et éviter toute conclusion hâtive avant l’établissement des faits.
Pour Kinshasa, l’enjeu consiste donc à concilier le respect des garanties judiciaires, la préservation des relations diplomatiques avec la Belgique et la nécessité d’une information publique responsable.


